Le carbone et les libéraux

Le Parti libéral du Nouveau-Brunswick doit accorder ses flûtes en ce qui concerne la tarification du carbone et le plus tôt sera le mieux.

Sous la direction de Brian Gallant, la position des libéraux provinciaux était assez ambigüe. En théorie, ils n’étaient pas contre la tarification du carbone. En pratique, le précédent gouvernement a décidé de convertir une partie de la taxe sur l’essence en prétendue taxe sur le carbone. Une manigance à coût nul pour les citoyens et sans véritables effets envisageables pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Les libéraux fédéraux ont vu clair dans le jeu de leurs petits cousins et ont décidé d’imposer leur propre taxe sur le carbone au Nouveau-Brunswick à partir de lundi.

La position des progressistes- conservateurs est quant à elle on ne peut plus claire: on ne devrait pas avoir à payer une cenne de plus pour ses émissions de GES. Les bleus ont aussi révisé à la baisse les objectifs de réductions de GES de la province pour 2030 et omis complètement de parler d’environnement dans leur budget.

Chez les libéraux, c’est encore nébuleux. La semaine dernière, leur porte-parole en matière d’environnement, Cathy Rogers, est presque allée jusqu’à dire qu’il faut en effet tarifer les GES.

«Mettre un prix sur le carbone constitue un incitatif au-delà de ce qui a toujours été là, c’est-à-dire volontaire, et qui n’arrive pas assez vite», a-t-elle dit.

Est-ce la nouvelle position du Parti libéral ou l’opinion personnelle de la députée Rogers? Difficile à dire. Il peut d’ailleurs être périlleux pour un parti à la recherche d’un nouveau chef d’adopter des politiques trop fermes.

Le meneur dans la course pour succéder à Brian Gallant, Kevin Vickers, affirme être «plus vert que les verts». Nous ne l’avons toutefois pas encore entendu parler de tarification du carbone.

Aussi malaisant que puisse être ce sujet, les libéraux devraient probablement clarifier leur position avant que les progressistes-conservateurs ou les verts ne le fassent pour eux.