Dominic Cardy le gaffeur

Le passage de Dominic Cardy au Parti progressiste-conservateur ne semble pas avoir diminué sa propension à susciter de la controverse. On peut se rappeler que lorsqu’il était le chef du NPD, celui-ci s’était aventuré dans les eaux troubles du bilinguisme dans la province. Il avait monté en épingle le soi-disant problème du transport scolaire séparé des élèves francophones et anglophones.

L’affaire avait pris des proportions légales démesurées lorsque l’ancien ministre Serge Rousselle dans le gouvernement de Brian Gallant avait amené cette patate chaude devant la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick. C’est le juge en chef de la Cour, Ernest Drapeau, qui a finalement mis un terme à cette controverse fabriquée de toute pièce par Dominic Cardy et Serge Rousselle.

Cette affaire des autobus bilingues a été du pain béni pour les opposants à la dualité dans la province. Ceux-ci se sont déchaînés dans les médias sociaux pour dire que le Nouveau-Brunswick n’avait pas les moyens financiers pour en autres avoir deux systèmes de santé. Cette banale dispute des autobus bilingues a contribué à la remise en question de la paix linguistique et sociale. Elle a donné des munitions au parti People’s Alliance qui a pu faire élire trois candidats aux dernières élections et détenir la balance du pouvoir à Fredericton.

Une fois ministre de l’Éducation dans le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs, Dominic Cardy a trouvé le moyen de déclencher une autre crise politique. Il a choisi cette fois-ci un adversaire de taille, la République populaire de Chine. C’est le gouvernement de Shawn Graham qui avait ouvert la porte de la province à l’Institut Confucius. La mission officielle de cet Institut est de favoriser la diffusion de la culture chinoise et de l’enseignement du mandarin dans le monde.

Pour Dominic Cardy, les enseignants de l’Institut en poste dans les écoles de la province seraient des représentants du Parti communiste chinois. D’où la nécessité de retirer ces derniers de notre système scolaire. Nous serions dangereusement menacés par le «péril chinois».

Déjà englué dans un conflit diplomatique à la suite de l’arrestation d’une dirigeante de l’entreprise Huawei à la demande des autorités américaines, le Canada est actuellement soumis à d’intenses pressions du gouvernement chinois pour la libération immédiate de sa ressortissante. Deux Canadiens sont actuellement emprisonnés en Chine à la suite de cette affaire et nos producteurs de canola peuvent de moins en moins exporter leurs produits dans ce pays.

Le Nouveau-Brunswick peut-il se permettre d’ouvrir un deuxième conflit diplomatique avec la Chine? Ce sont nos exportations de homards qui pourraient en faire les frais. Devant l’inquiétude des milieux d’affaires de la province, le premier ministre Higgs a décidé de prendre les choses en mains et de rencontrer le consul général de Chine à Montréal afin de réparer les dégâts causés par son ministre de l’Éducation.

On ne peut pas dire que Dominic Cardy a un bon jugement politique. Voilà un autre de ses ministres avec Ted Flemming que le premier ministre devra avoir à l’œil.