Moncton n’est qu’une solution de rechange!

La ligue canadienne de football revient à Moncton. Comprenons-nous bien, il s’agit d’une très belle nouvelle pour tous les sportifs et sportives du sud-est du Nouveau-Brunswick.

Mais il ne faudrait quand même pas prendre le monde pour des valises non plus.

La semaine dernière, on a dévoilé en grande pompe les détails entourant les premiers pas des Schooners de l’Atlantique, qui auront finalement lieu à Moncton en 2020.

On a même décidé de faire revivre l’événement Touché Atlantique (les Alouettes de Montréal affronteront les Argonauts de Toronto (le 25 août), question de mousser le grand retour de la LCF au royaume de Dawn Arnold.

Le circuit professionnel canadien et la ville de Halifax n’ont reculé devant rien pour faire les yeux doux à Moncton et à son précieux stade.

Tout ça est bien beau, mais il ne faudrait pas perdre de vue que la LCF revient à Moncton uniquement parce qu’elle n’a pas le vraiment le choix.

La triste réalité, c’est que la ville de Moncton a toujours été et ne sera toujours qu’une belle solution de rechange pour le circuit de Randy Ambrosie.

Quand le stade de Hamilton a été rénové il y a quelques années, Moncton a ouvert ses portes toutes grandes aux Tiger Cats.

Ce sera le même scénario avec les Schooners.

Mais tout ça ne sera que temporaire.

Dès que le stade sera construit dans la capitale de la Nouvelle-Écosse, ce sera bye bye Moncton.

Par chez nous, on appelle ça servir de bouche-trou.

On nous dira bien sûr que la ville de Halifax n’a pas une population suffisante pour faire vivre à elle seule une équipe professionnelle de football et qu’on a absolument besoin des amateurs des autres villes des Maritimes, d’où le concept d’une équipe régionale.

On laissera miroiter un possible camp d’entraînement ou des parties hors-concours au Stade Croix Bleue Médavie.

La réalité, c’est que la LCF a conclu depuis longtemps que Moncton ne pouvait soutenir une concession à elle seule.

Les résultats obtenus lors des événements Touché Atlantique le prouvent sans l’ombre d’un doute. La première édition (en 2010) a connu un succès monstre, avec plus de 20 000 spectateurs.

Mais les éditions subséquentes ont vu les foules baisser considérablement.

Les raisons évoquées pour rayer Moncton de l’avenir du circuit canadien ne manquent pas.

On a parlé du manque de commanditaires majeurs, du manque de vigueur de la communauté d’affaires et de la fibre sportive parfois douteuse de la population.

Plusieurs anciens joueurs ont aussi émis de sérieux doutes sur la «trépidante» vie nocturne de Moncton.

Selon eux, les joueurs préfèrent de loin vivre à Halifax.

Mais bon, les parties des Schooners et l’événement Touché Atlantique risquent quand même de faire courir les foules et c’est tant mieux.

Après le fiasco des Jeux de la Francophonie, Moncton et le Nouveau-Brunswick avaient bien besoin d’un événement de haut niveau pour redorer un peu son blason sportif.