Oui!

J’applaudis le projet de loi de la Nouvelle-Écosse sur le don d’organes. Faut-il le rappeler? Au printemps 2020, le don d’organes y sera automatique à moins que la personne affectée n’ait clairement indiqué qu’elle y est opposée (à l’inverse de la situation actuelle qui suppose le refus, sauf consentement écrit). Naïvement, j’en conviens, j’ai cru que tout le monde serait aussi enthousiaste que moi, mais non!

Il semblerait que cette décision pourrait constituer une atteinte aux droits individuels et religieux, de déclarer certains experts, qui ajoutent qu’il se pourrait que notre pays multiculturel ne soit pas prêt à un tel bouleversement. Misère de misère! Le Canada est-il à ce point mollasson?

D’abord, on le sait, 90% des Canadiens et Canadiennes sont en faveur du don d’organes. Par contre, par négligence, seulement 20% des gens font ce qu’il faut pour que ça puisse arriver, ce qui laisse des milliers de malades en attente de greffes qui n’arrivent jamais.

D’autre part, sur les questions de santé publique, depuis quand l’État devrait-il se soucier de considérations culturelles ou religieuses, surtout lorsqu’il ne force personne? Pourquoi dans notre pays, essaie-t-on encore de placer la religion avant l’intérêt général?

Le projet de loi néo-écossais ne fait que mettre les citoyens devant leurs responsabilités individuelles (et leurs préférences culturelles ou religieuses): si vous êtes en faveur du don d’organes et trop paresseux pour remplir votre carte et/ou donner de claires instructions à votre entourage sur le sujet, l’État s’en occupe. Si vous êtes contre, remplissez votre carte et/ou informez-en votre entourage. Car, il faut le souligner, le projet de loi prévoit que la famille sera consultée avant tout prélèvement d’organes.

Personne dans mon entourage n’a jamais eu besoin de greffe donc bénéficié du programme de dons d’organes, mais l’idée que mon corps ou celui d’un de mes proches puisse aider quelqu’un d’autre à échapper à la douleur et à la mort me plaît. Un tel geste doit donner, j’en suis convaincue, un sens à toute tragédie familiale.

Et puis, tant qu’à faire, j’aimerais aussi beaucoup qu’on me dise quelle religion et quelle culture s’opposent à aider son prochain.