Le mariage de l’Alliance

Le mariage de convenance entre le Parti progressiste-conservateur et l’Alliance des gens a-t-il été jusqu’ici une relation équitable dans laquelle les deux partenaires ont pu s’épanouir également?

Pour les progressistes-conservateurs, l’avantage de taille est qu’ils sont au pouvoir. Le principal inconvénient en revanche est qu’ils ont dû s’associer à l’Alliance, une marque toxique chez plusieurs, dont les francophones qui avaient déjà de sérieux doutes en ce qui concerne le chef des bleus.

Pour les alliancistes, le bilan est plus nuancé. Pour eux, l’avantage immédiat de ce flirt politique a été d’éviter de risquer leurs récents gains lors d’une élection précipitée. Le deuxième avantage principal est la chute des libéraux qui  ont été remplacés par un gouvernement beaucoup plus proche de leur idéologie.

Les véritables bénéfices de ce mariage pour le parti de Kris Austin s’arrêtent toutefois ici, à l’exception peut-être de l’élimination de la plaque d’immatriculation à l’avant des véhicules.  Cela ne risque toutefois pas de suffire à leur assurer le succès dans les urnes pour les décennies à venir.

Du côté des inconvénients, les alliancistes ont notamment dû mettre beaucoup d’eau dans leur vin et revenir sur leur parole à quelques reprises pour faire fonctionner ce mariage. On se souviendra notamment de leurs volte-face sur le gaz de schiste et sur l’arbitrage exécutoire dans les foyers de soins.

La principale déception pour l’Alliance dans cette union est cependant sans conteste l’absence complète de progrès sur le plan de la lutte au bilinguisme, ce principe fondateur du parti. Leur appui au gouvernement  n’a pas permis de mettre fin au bilinguisme dans les ambulances. Ils n’ont pas réussi non plus à fusionner les réseaux de la santé ou à éliminer le poste de commissaire aux langues officielles. Pire, encore ils ont dû voter la semaine dernière pour un budget qui contient une augmentation de 25% du financement du commissariat.

À ce rythme-là, les alliancistes y penseront peut-être à deux fois avant de renouveler leurs voeux au bout de 18 mois.