La prière à l’Assemblée législative

Petit-Rocher dans les années 1990.

C’est là que j’ai fait mes premiers pas dans le système scolaire. Plus précisément au Tournesol, la petite école publique du coin.

C’était il y a longtemps. Tellement longtemps qu’il ne me reste plus beaucoup de souvenirs de cette époque. Mais je me souviens très bien de la catéchèse.

La fameuse catéchèse. À l’époque, elle était enseignée à l’école. Avec des livres illustrés pis toute.

Comme j’étais issu d’une famille non-croyante, j’avais la permission de sortir du local. Mes parents avaient sûrement dû faire des pieds et des mains pour l’obtenir, cette permission.

Bref, le temps de la catéchèse venu, j’allais me planter devant un ordinateur pour jouer aux échecs. Ce n’était pas très pédagogique comme plan b, mais j’étais heureux comme un pape.

Aujourd’hui, je me dis que c’est quand même hallucinant que les autorités scolaires aient accepté pendant si longtemps que du précieux temps d’enseignement soit consacré à l’endoctrinement des jeunes.

Ce genre de situation est désormais impensable. C’est une preuve parmi tant d’autres que notre société a changé. Lentement, à pas de tortue… mais quand même.

Mais on a encore du chemin à faire, comme en témoigne la réaction de la classe politique à l’idée du député vert de Kent-Nord, Kevin Arseneau.

Ce dernier a récemment proposé de remplacer la prière à l’Assemblée législative par une minute de silence.

Son initiative est louable, mais va tomber à l’eau. Les chefs des autres partis ont déjà dit clairement qu’ils ne veulent rien savoir. Ils ne semblent même pas ouverts à l’idée. La tradition et patati et patata. C’est dommage.

Un jour, quand j’aurai leur âge et qu’ils seront partis depuis longtemps, cet autre vestige de la proximité du christianisme et de l’État tombera.

La catéchèse a pris le bord, la prière à l’Assemblée suivra éventuellement. Et on se dira que la proposition de Kevin Arseneau n’était pas mal avisée, mais plutôt avant-gardiste.