La bataille du carbone

Le Nouveau-Brunswick est l’une des quatre provinces soumises à la taxe carbone du gouvernement de Justin Trudeau. Pour atténuer les effets sur les consommateurs d’énergies polluantes comme l’essence, les individus et les familles pourront obtenir une compensation lors de leur déclaration d’impôt.

Pour le gouvernement de Justin Trudeau, c’est le prix à payer pour réduire les émissions de carbone dans l’atmosphère. Le but d’une telle taxe est de modifier les comportements des consommateurs. Les inciter par exemple conduire une petite voiture au lieu d’une camionnette. Ou encore à se procurer une voiture électrique.

Si tel est le cas, pourquoi retourner une partie de la taxe aux contribuables? Le Québec a pour sa part opté pour le marché du carbone. C’est un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre. Les revenus provenant de ce système sont versés au Québec dans un Fonds vert. Pas question ici de faire parvenir quelques centaines de dollars aux contribuables pour, par exemple, qu’ils mettent davantage d’essence dans leur voiture!

Les prochaines élections fédérales en octobre s’annoncent pour le moment des plus serrées. La question de l’urne pourrait être la taxe carbone imposée par Ottawa. Les libéraux de Justin Trudeau sont convaincus que les électeurs, surtout les plus jeunes, vont les récompenser par leur vote. Les conservateurs d’Andrew Scheer et ses alliés premiers ministres du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario, du Manitoba et de la Saskatchewan pensent le contraire. Les électeurs voudront punir le gouvernement de Justin Trudeau sur cette question.

Nous aurons droit à une guerre de communication. Le gouvernement libéral aura du mal à vendre sa taxe auprès de la population. Plusieurs sondages indiquent que la compensation financière du fédéral ne va pas faire le poids avec le fardeau financier à la pompe. Nous avons d’un côté un retour d’impôt annuel et de l’autre une augmentation importante du coût d’un plein d’essence qui se fait sentir sur une base régulière.

Avec un chef dont la popularité est en perte de vitesse, les candidats libéraux auront fort à faire lors de la prochaine campagne électorale pour calmer la grogne populaire alimentée par la taxe carbone et ses effets sur le coût de la vie. Nous sommes à des lieux du mouvement des gilets jaunes en France qui a obligé le président Macron à renoncer à une augmentation substantielle du prix de l’essence.

Toutefois, le gouvernement Trudeau ne devrait pas sous-estimer le mécontentement populaire concernant la taxe carbone. Plusieurs des 32 sièges détenus par les libéraux en Atlantique sont menacés.

Avec l’élection probable d’un gouvernement conservateur en Alberta le 16 avril, Justin Trudeau sera confronté à des dirigeants de cinq provinces sur dix qui vont s’unir pour dénoncer sur toutes les tribunes sa taxe carbone.

Les plus âgés peuvent se rappeler la Trudeaumanie lors des élections de 1968. Lors des élections suivantes en 1972, le gouvernement de Pierre Eliott Trudeau s’est retrouvé minoritaire avec deux sièges de plus que les progressistes-conservateurs.