Choisir l’ombre ou la lumière

Si l’hiver s’est montré sans merci depuis le Nouvel An sur le plan météorologique, on peut en dire autant de la situation des libéraux sur la scène politique fédérale.

Les voies ensoleillées promises par le gouvernement Trudeau lors de son élection en 1975 ont été assombries ces derniers temps par l’Affaire SNC Lavalin, mais également par une grogne généralisée dont l’origine se retrouve dans un courant mondial où populisme et extrême droite représentent une des plus grandes menaces que la démocratie n’ait connues depuis des décennies.

À en juger par la couverture médiatique nationale et les médias sociaux, on serait portés à croire que nos gouvernements sont sur le point de s’effondrer devant les scandales, le manque de transparence et une perte de contrôle des finances publiques, alors que des analystes objectifs vont prétendre tout à fait le contraire. Notre pays n’a jamais été aussi bien depuis des décennies.

Serions-nous en train de nous faire berner et emporter par ces vagues de mauvaises nouvelles qui semblent décrire l’état de la nation de façon beaucoup plus négative qu’elle ne l’est en réalité?

Commençons par les finances publiques qui, malgré le maintien d’un déficit somme toute minime, font de notre pays l’un des plus performants sur la scène mondiale. Pour reprendre l’expression de la directrice du Fonds monétaire international, le Canada répare sa toiture pendant qu’il fait beau, faisant allusion aux nombreux investissements en infrastructure.

Sur le plan de l’activité économique à part peut-être la question du pétrole, notre pays s’en tire pas mal et même ici, au Nouveau-Brunswick, l’actuel gouvernement conservateur, malgré des propos alarmistes, a pu bénéficier d’une enveloppe fiscale loin de la catastrophe qu’ils avaient annoncée.

Pourquoi les électeurs canadiens sont-ils si grognards devant un contexte socio-économique si favorable et une qualité de vie qui fait l’envie de l’univers entier?

D’abord parce que notre pays, et plus particulièrement le gouvernement fédéral, est tombé dans la vaste spirale populiste qui déferle sur le monde entier depuis l’émergence de leaders comme Vladimir Poutine et Donald Trump.

Voyons ensemble d’où vient notre misère depuis quelques années: d’abord des États-Unis où le président tire à bras raccourci sur le Canada, juste pour se rehausser lui-même. Forçant ainsi à négocier une entente de libre-échange qui écorche, sans faire de jeu de mots, la vache sacrée que représentent les produits laitiers.

C’est sans compter tous les problèmes avec la Chine et l’Arabie Saoudite. Petit à petit, le populisme gagne du terrain!

Il faut reconnaître que le premier ministre et son entourage n’ont pas paru particulièrement efficaces devant la fronde interne provoquée par le départ de deux de ses ministres. La pente à remonter sera ardue d’ici l’automne.

Il convient jusqu’à l’élection de prendre une certaine distance par rapport aux ragots que nous rapportent les médias sociaux et de faire, pour la prochaine élection, un choix clair entre une démarche positive, ouverte aux changements, et la proposition d’une alliance de droite qui n’a rien de plus à nous offrir que de la peur, de la haine et de l’intolérance.