Un pas en avant, deux pas en arrière

Le gouvernement Higgs a passé l’aide aux étudiants à la déchiqueteuse la semaine passée.

Appelons un chat un chat; les changements sont anti-pauvres et vont mettre des bâtons dans les roues des jeunes défavorisés qui souhaitent se bâtir une vie meilleure.

Jusqu’à maintenant, il était possible pour les étudiants issus de familles à revenus modestes (moins de 60 000$ par année) d’étudier gratuitement dans les universités et les collèges publics de la province.

Ceux issus de familles mieux nanties avaient accès à un coup de main financier proportionnel à leurs moyens. C’était imparfait, mais c’était mieux que rien.

La semaine passée, les progressistes-conservateurs ont annoncé que cette aide financière sera aussi offerte aux étudiants des institutions privées. Jusque là, rien de très surprenant, puisque le ministre des Finances avait annoncé que ça s’en venait.

Le hic, c’est que les troupes de Higgs n’investiront pas davantage. En gros, l’enveloppe restera la même, mais sera partagée par un plus grand nombre d’étudiants et la gratuité pour les pauvres prendra le bord.

Les progressistes-conservateurs ont aussi décidé de ramener un crédit d’impôt supprimé par les libéraux et d’abolir le plafond d’endettement (qui était fixé à 32 000$).

Encore là, les pauvres mangent la claque. Au lieu d’aider les plus vulnérables, le gouvernement va donner le même coup de pouce à tout le monde sans égard aux besoins réels.

Le plus fou là-dedans, c’est que tout ça survient alors que Blaine Higgs se prépare à effectuer une réforme en profondeur de l’aide sociale.

Le premier ministre dit haut et fort qu’il veut aider les pauvres qui veulent «travailler fort pour s’en sortir». Mais pendant qu’il dit ça, il met fin à la gratuité des études pour ces gens. C’est à n’y rien comprendre.

Parce que s’il y a un moyen de briser le cycle de la pauvreté qui fait l’unanimité, c’est bien l’accès à des études postsecondaires de qualité. Le tango de Fredericton fait encore des siennes. Un pas en avant, deux pas en arrière.