La fragilité des petits partis politiques

On dit que le bonheur des uns fait parfois le malheur des autres. Les résultats des dernières élections provinciales l’automne dernier au Nouveau-Brunswick ont encore une fois démontré comment notre mode de scrutin est injuste.

Ce n’est pas le Parti libéral qui a reçu le plus de votes qui a obtenu le plus de sièges mais plutôt le Parti progressiste-conservateur qui a fini après plusieurs semaines à former un gouvernement minoritaire. Le Parti vert et le People’s Alliance, avec chacun environ 12% du vote populaire, ont pu faire élire 3 candidats chacun. Avec l’appui reçu, ces 2 formations politiques auraient dû avoir 6 députés chacun à l’Assemblée législative.

Pour sa part, le Nouveau Parti démocratique, même s’il a récolté 5% du vote populaire, aucun de ses candidats ne siège dans la Chambre. Pourtant le NPD aurait eu droit à 2 députés.

Notre mode de scrutin n’est pas uniquement injuste à l’endroit des petits partis politiques mais également concernant la représentation des femmes. Seulement 11 femmes soit 22,4% du total des députés, occupent un fauteuil à l’Assemblée législative.

Même si le Parti vert a su tirer son épingle du jeu lors des dernières élections, le mode de scrutin actuel risque de freiner son élan. Deux des trois circonscriptions remportées par les verts comprennent des campus universitaires.

C’est le cas notamment de Memramcook-Tantramar où la candidate verte a obtenu une courte majorité de 11 votes sur le député libéral sortant. Une analyse des résultats des bureaux de scrutin permet de constater que les étudiants de l’Université de Mount Allison ont fait élire celle-ci.

L’absence de la chef du NPD à l’Assemblée législative n’a certainement pas aidé cette formation politique. On peut certes critiquer la performance de ce parti et remettre en question sa pertinence et son avenir sur la scène politique provinciale. Toutefois, lors des élections de 2014, le NPD, avec environ 11% du vote populaire, aurait dû fait élire cinq députés. On peut constater que notre système électoral contribue de manière significative à tirer les petits partis politiques vers le bas.

Lors des prochaines élections provinciales à l’Île-du-Prince-Édouard le 23 avril, un référendum aura lieu au même moment. Les électeurs devront répondre à la question suivante: «Est-ce que l’Île-du-Prince-Édouard devrait changer son mode de scrutin pour le système proportionnel mixte? »

Si la réponse est majoritairement oui, l’Île-du-Prince-Édouard deviendra la première province canadienne à abandonner le scrutin majoritaire en faveur d’un système électoral davantage proportionnel. C’est à l’occasion d’un référendum en 1992 que la Nouvelle-Zélande a opté pour le système proportionnel mixte après avoir connu le scrutin majoritaire de type britannique. Depuis ce moment, les petits partis politiques ont une juste représentation au Parlement.

Nous avons des gouvernements de coalition puisqu’aucun parti n’a suffisamment de sièges pour gouverner seul. Aux dernières nouvelles, la Nouvelle-Zélande est un pays stable même si cinq partis politiques sont représentés à la Chambre. De plus, 38% des élus sont des femmes.