En fouillant dans les décombres…

Je suis étonnée de la réaction du monde occidental à l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

J’avoue que je n’éprouve pas d’affection particulière pour ce monument symbolique et architectural. J’ignorais que sa flèche était un point de repère sur Paris. J’ignorais qu’il avait une flèche. Exemple d’une culture personnelle à l’image d’un fromage suisse, c’est-à-dire passablement trouée.

Mon inculture se traduit par un certain détachement cependant, et me conduit à observer le déroulement de ce scénario un peu au ralenti. Mais avant…

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Je prends un reste de bois, n’importe quoi, un reste de construction, un bout de branche. Si je regarde ce bout de bois quelques secondes, il s’établit comme un dialogue, un rapport entre lui et moi. Et à partir de ce rapport, déjà, ce bout de bois ne m’est plus indifférent.

Je prends un morceau de plastique, n’importe quoi… à le regarder quelques secondes, il y a de fortes chances qu’aucun rapport positif ne s’établisse entre lui et moi, surviendrait plutôt le contraire.

Un morceau de plastique auquel je pourrais connecter comporterait nécessairement d’autres qualités que celle d’être faite de plastique. Il aura une attraction supplémentaire, une couleur, une forme, il aura été esthétisé avec intelligence. Le bois, pas besoin. Le bois et l’humain, c’est du même sol.

C’est la différence entre Notre-Dame de Paris et une usine pétrochimique.

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Emmanuel Macron, en se portant à la défense de la cathédrale et en promettant sa reconstruction, se fait aussi le défenseur de la France et de ses valeurs sur la scène mondiale. Voilà pour l’État. L`Église en est-elle séparée? Imbroglio.

Des corporations nanties, profondément symboliques elles aussi, se manifestent. Nous assistons à une grande messe haute couture. Jusqu’à Vladimir Poutine qui dépêchera ses éminentes architectes et ingénieures (des espionnes?) russes… et Donald Trump qui se faufile en tweetant dans les plis de l’événement.

Qu’en pense le pape François, justement? Il a bon cœur et bonne tête, après tout. Il a peut-être une tout autre réflexion.

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Et, ultimement, un grand chantier mondial de paix pourrait-il enfin l’emporter sur un chantier de guerre?