Et si on respectait la Loi sur les langues officielles, pour faire changement?

On a soufflé les cinquante bougies de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick (LLO), la semaine dernière.

Vous ne l’aviez pas remarqué? C’est normal; l’anniversaire a été souligné en douce par le gratin politique et socioéconomique dans le confort de la résidence de la lieutenante-gouverneure, à Fredericton.

Dans une déclaration écrite publiée sur le site du gouvernement, Blaine Higgs a invité la population à «célébrer la richesse et la vitalité des langues officielles ainsi que le caractère bilingue de notre province.»

Il a conclu son message avec une phrase qui a attiré mon attention; «Deux langues, une province, un monde de possibilités».

En voulez-vous, des idées de «possibilités»? En voici une: que le gouvernement provincial souligne le 50e de la Loi sur les langues officielles…en la respectant.

T’sé, pour faire changement.

On l’oublie souvent, mais l’objectif premier de cette fameuse loi est de reconnaître l’égalité des deux communautés linguistiques et de garantir aux Néo-Brunswickois le droit d’être servis dans la langue de leur choix.

Si le gouvernement de Louis J. Robichaud l’a adopté à ses risques et périls, en 1969, ce n’est sûrement pas pour que les politiciens et les institutions d’aujourd’hui la respectent seulement lorsque cela leur chante.

Et pourtant, c’est cela qui se produit encore et encore au Nouveau-Brunswick.

Bon on nombre d’élus –libéraux comme progressistes-conservateurs– sont frileux et hésitent à dépenser leur précieux capital politique là-dessus.

Le Commissariat aux langues officielles a beau braquer les projecteurs sur toutes sortes de lacunes depuis de nombreuses années, les choses changent à pas de tortue.

Pire encore; lorsqu’une entité publique est pointée du doigt, on voit parfois ses dirigeants chigner et même résister.

Fait que…au lieu de se donner des tapes dans le dos et de se dire que c’est donc bien l’fun que l’on est la seule province officiellement bilingue, que diriez-vous que l’on arrête de traiter la LLO comme une loi de second ordre?