Faites vos jeux!

Il y a dans l’atmosphère électorale de ce pays quelque chose comme un air de mal-patience, de ras-le-bol généralisé qui rendent les élections très intéressantes, mais surtout difficiles à prévoir!

Depuis 2017, tous les gouvernements provinciaux du pays qui ont tenté de se faire réélire se sont fait brutalement rejeter par les électeurs livrant parfois des résultats très surprenants.

D’abord, il faut préciser que ce n’est pas la première fois que les électeurs de tout le pays expriment chacun à leur façon un message aussi global; on en a assez des gouvernements à la langue de bois qui ne réussissent pas à inspirer les électeurs par des façons différentes de gouverner.

Cinq des derniers gouvernements provinciaux renversés à travers le pays depuis 2017 sont des gouvernements libéraux. Doit-on y voir une tendance antilibérale ou simplement le contexte qui faisait en sorte qu’il n’y avait après 2016 plus aucun gouvernement conservateur au pays, sauf en Saskatchewan.

Notons également que les gouvernements libéraux du Québec, de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et de l’Île-du-Prince-Édouard avaient tous fait au moins trois mandats, ce qui d’emblée les prédisposaient à un jugement beaucoup plus sévère de la part des électeurs.

De plus, il devient de plus en plus difficile pour tous les partis politiques d’obtenir des majorités claires lors de ces élections. Sauf pour l’Alberta et la Saskatchewan qui, avec des partis de droite, ont obtenu des résultats dépassant les 50%, on assiste généralement à des victoires fragmentées où d’une façon générale les tiers partis ont pu faire une différence.

Le Nouveau-Brunswick est un cas d’espèce particulier parce que les conservateurs ont pris le pouvoir avec 6% de moins du vote populaire que les libéraux en faisant un pacte avec l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick.

Malgré le grand fracas provoqué par l’élection de candidats verts ici au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard, il serait prématuré de prétendre à une vague de ce parti. Il y a bien sûr un lien entre la déconfiture évidente des néo-démocrates sur la scène nationale et le succès du Parti vert il faut reconnaître qu’un vote vert au fédéral profitera davantage aux conservateurs puisqu’il divisera le vote progressif.

Devant une montée évidente du conservatisme au pays et une période à tout le moins difficile pour les libéraux de Justin Trudeau, à quoi peut-on s’attendre lors des prochaines élections fédérales d’octobre?

D’abord à une lutte serrée entre libéraux et conservateurs. Andrew Sheer n’a pas démontré jusqu’à maintenant qu’il possède le charisme nécessaire pour gagner une élection tandis que le gouvernement libéral vient de traverser le plus long hiver de sa courte histoire.

On sait très bien que les élections vont se jouer en Ontario et au Québec. L’Ontario montre déjà des signes d’impatience à l’égard de Doug Ford et le Québec ne semble pas en vouloir à Trudeau dans le dossier SNC-Lavalin, au contraire.

Ceci étant dit, on peut prévoir des pertes libérales en Atlantique et en Colombie-Britannique laissant le terrain ouvert pour une autre élection chaudement disputé en 2019. Les paris sont ouverts!