Ces verts qui continuent de nous surprendre

Le Parti vert de l’Île-du-Prince-Édouard a réalisé un score hallucinant lors des élections provinciales de la semaine dernière.

Ils ont mis la main sur environ 30% des votes exprimés ainsi que sur 8 des 26 circonscrip-tions en jeu. C’est suffisant pour leur donner la balance du pouvoir (puisqu’aucun parti n’a remporté une majorité de sièges).

C’est fou pareil; on parle d’une formation politique qui s’était contentée d’un siège et de 10% des votes lors des élections de 2015.

Tout ça me rappelle ce que l’on a vécu en septembre dernier au Nouveau-Brunswick, alors que les verts de David Coon ont réussi à cabosser l’armure du bipartisme et à décrocher trois sièges.

Tant à l’Île-du-Prince-Édouard qu’au Nouveau-Brunswick, on a vu ce parti se tailler une place en grande partie grâce à des chefs très forts.

Souvenez-vous que dans les deux cas, on (et je m’inclus là-dedans) s’est demandé s’il ne s’agissait que d’une anomalie, que d’un feu de paille.

Cette prudence était tout à fait compréhensible, puisque les deux partis traditionnels s’échangent le pouvoir depuis toujours dans ces deux provinces.

Jusqu’à ce qu’ils effectuent des percées, les verts étaient un peu vus comme des monomaniaques qui ne savaient parler que de l’environnement. Ils étaient des intervenants très périphériques, un peu comme le NPD ces derniers temps.

Dans les deux cas, on a vu David Coon (à compter de 2014) et Peter Bevan-Baker (dès 2015) prendre leur rôle au sérieux et démontrer qu’ils ont en fait plus d’une corde à leur arc.

Leur stratégie a porté ses fruits, tellement qu’ils font maintenant partie du paysage politique et médiatique.

Ce qui était tout à fait impensable il y a quelques années à peine est devenu tout à fait naturel.

Cela pourrait évidemment s’évaporer dès que les chefs céderont leur place, s’il s’avère que c’est eux – et pas les idéaux de leur parti – qui ont attiré tant d’électeurs.

Cela dit, je me demande si l’on n’est pas plutôt en train de vivre – des deux côtés du pont de la Confédération – le début de la fin du bipartisme bleu-rouge et des gouvernements majoritaires.