Des dérives salutaires

Je n’allume plus la télévision aussi souvent qu’avant. Je n’aime pas toujours ce qu’elle fait entrer dans la maison. Des images, des ambiances s’incrustent ou bondissent contre les murs et dans ma tête, se recoupant les unes les autres.

Vous vous souvenez du fameux seau de bonbons durs Lowney’s, comportant l’image répétée du seau versant ses bonbons, jusqu’à disparition en spirale dans le maelstrom d’une infinité de bonbons.

– Le siau de mixed candies, à Noël, ça prenait ça.

– Avec la boîte de 5 livres de chocolats Ganong.

Nous n’aimions pas toutes les saveurs de ces bonbons durs, mais nous avions appris à nous en contenter. C’est comment je vois la télévision: des bonbons mêlés, en quantité, souvent les mêmes, à répétition. À la fin de la journée, il est aussi important de se brosser les neurones que les dents.

J’écoute donc Ici Radio-Canada plus souvent. À ICI Première, la chaîne de base, ça placote beaucoup aussi. Et sont-ils et elles payés au mot/seconde ces personnes censées nous animer? Le débit rapide est souvent accablant. Ma durée moyenne, de 15 à 20 minutes. Et cela de moins en moins souvent depuis que j’ai syntonisé ICI Musique.

Il faut rendre à César ce qui revient à César: Ici Musique, presque tout le temps, c’est entre bon et excellent. ICI Musique, c’est la cerise sur le sundae. Nous l’applaudissons. Cela ne veut pas dire que nous nous passerions de tout le reste. Il y a du bon sur tous les réseaux, par moments.

Mais télévision et radio, après un certain temps, deviennent ronron, c’est-à-dire qu’elles ne nous aident plus à nous récréer (dans le sens de récréation) en nous permettant de nous recréer. Au lieu de nous stimuler, elles nous endorment plutôt.

Cet hiver, j’ai passé plus de temps à regarder brûler le bois dans mon poêle qu’à regarder le monde via l’écran de télévision. La vie sait être simple et paisible si nous la laissons faire. Et cela permet de se rendre compte du décalage inouï qui existe entre le coût et la valeur des choses.