Une crise qui aurait pu être évitée

L’occupation des locaux du ministère du Développement social à Fredericton par une dizaine de syndiqués des foyers de soins fait mal à l’image du gouvernement Higgs et c’est en partie de sa propre faute.

Les dommages ont commencé jeudi matin, après la première nuit d’occupation, lorsque les gardiens de sécurité de l’édifice ont empêché les travailleurs de recevoir de la nourriture, des produits d’hygiène personnelle et des médicaments de la part des manifestants à l’extérieur. L’interdiction n’aura duré que quelques heures avant que quelqu’un au gouvernement ne réalise le faux pas, mais le dommage était déjà fait. Peu importe son opinion personnelle sur la tactique des syndiqués, l’image d’un occupant diabétique à qui l’on refuse l’accès à ses médicaments n’est pas belle à voir.

Au-delà de l’épisode de jeudi, le refus de la ministre Dorothy Shephard de discuter avec les travailleurs tant qu’ils n’auront pas quitté les locaux renvoie inutilement l’image d’un gouvernement intransigeant qui se préoccupe peu du sort des travailleurs. L’argument de la ministre repose sur la même logique qui veut que les gouvernements ne négocient pas avec des kidnappeurs de peur d’encourager davantage de kidnapping. Le problème, c’est que la population n’éprouve pas la même sympathie envers les kidnappeurs qu’envers ceux qui s’occupent de nos aînés.

En acceptant de rencontrer les syndiqués sur le champ, dès qu’ils se sont présentés à ses bureaux avec l’intention d’y rester jusqu’à ce qu’elle s’adresse à eux, la ministre Shephard aurait pu éviter énormément de tracas et beaucoup de mauvaise presse à son gouvernement sans sacrifier grand-chose.

En temps normal, il est très peu probable qu’un coup d’éclat de ce genre suffise à mettre véritablement un gouvernement dans de beaux draps malgré une gestion de crise plutôt mauvaise. Nous ne sommes toutefois pas en temps normal. Les progressistes-conservateurs de Blaine Higgs sont minoritaires à l’Assemblée législative et donc beaucoup plus fragiles qu’un gouvernement ordinaire. Ils ne peuvent donc pas se permettre les mêmes erreurs qu’un gouvernement majoritaire.