UNI Coopération financière s’est tiré dans le pied

«Si t’es pas le premier, t’es le dernier.»

Cette citation a beau être de Ricky Bobby (un personnage incarné par Will Ferrell dans la comédie Talladega Nights) elle s’applique souvent aux communications et à la gestion de crises.

UNI Coopération financière nous l’a rappelé dernièrement.

C’est qu’en décembre, l’institution a aboli unilatéralement un programme d’assurance sur lequel comptaient bon nombre d’aînés pour couvrir leurs frais funéraires.

La décision leur a été annoncée discrètement, au téléphone. Plusieurs personnes touchées – ainsi que leurs proches – se sont senties trahies et se sont vidé le coeur lors de l’assemblée générale annuelle, à la fin avril, à Grand-Sault.

Cela a attiré l’attention des médias. UNI a fini par appuyer sur pause et a tenté de réparer les pots cassés.

On peut se demander si elle n’aurait pas eu intérêt à mettre cartes sur table plus publiquement et plus tôt dans ce dossier (comme elle l’a d’ailleurs fait la semaine dernière en annonçant longtemps à l’avance la fermeture de 12 points de service).

À sa décharge, UNI est loin d’être la première institution néo-brunswickoise à devoir pédaler lorsque d’autres personnes se chargent d’annoncer une mauvaise nouvelle à sa place.

On n’a qu’à penser au fiasco des Jeux de la Francophonie 2021 de Dieppe-Moncton. L’événement aurait-il été annulé dans la controverse si les organisateurs et le gouvernement Gallant nous avaient dit plus tôt que le budget initial était complètement irréaliste?

Récemment, il y a aussi eu la controverse entourant les soins offerts au Centre hospitalier Restigouche. L’affaire aurait-elle été si explosive si les autorités avaient avisé la population en amont que quelque chose clochait dans cet établissement, au lieu d’attendre que l’ombud publie un rapport-choc?

Peut-être que oui. Peut-être que non. Mais mon petit doigt me dit que tout ce beau monde se serait sauvé bien des ennuis en faisant le pari de la transparence et de la proactivité.