Pas facile d’avoir l’heure juste

Il n’est décidément pas toujours facile d’avoir l’heure juste avec le gouvernement de Blaine Higgs. La confusion entourant la réouverture (ou non) du bureau de Service NB à Saint-Quentin n’est que le plus récent exemple de ce qui semble être un thème récurrent chez ce gouvernement.

Qu’il s’agisse des exigences linguistiques des travailleurs paramédicaux, de la gratuité des études postsecondaires, de la route 11, de l’Institut Confucius ou du pont de Shippagan, il faut souvent poser la question à plusieurs reprises avant de connaître le fin fond de l’histoire. Il n’est pas rare que des ministres se contredisent lorsque ce n’est pas le premier ministre lui-même qui donne des réponses différentes de celles de ses subalternes.

On peut certainement blâmer une partie de ce cafouillage sur l’inexpérience des premiers jours, lorsque le nouveau gouvernement n’était pas encore tout à fait en contrôle de tous les leviers du pouvoir. La candeur du premier ministre et de certains de ses ministres avec les médias y est aussi probablement pour quelque chose. Il est beaucoup plus difficile de se tromper quand on se contente, comme le faisait souvent le précédent gouvernement, des communiqués de presse et de la fameuse cassette.

Il y a une autre différence de taille entre les libéraux et les progressistes-conservateurs. Là où Brian Gallant contrôlait son cabinet d’une main de fer, Blaine Higgs doit plutôt ménager à la fois la chèvre et le chou. Qu’un seul ministre claque la porte et ça pourrait en être fini de son gouvernement minoritaire. Ça ne veut pas dire que chaque imbroglio au gouvernement est directement lié à une querelle interne au cabinet, mais le risque est quand même là.

Un choc des idées peut avoir du bon, même au sein du gouvernement. Toutefois, pendant que les ministres arrangent leurs flûtes, des citoyens attendent de voir s’ils récupéreront un service qu’ils jugent essentiel pour leurs communautés. D’autres se demandent s’ils obtiendront le nouveau pont qui leur a été promis ou si des droits leur seront enlevés.