Saint-Quentin la vaillante!

La fermeture du bureau de Service NB à Saint-Quentin en 2015 par les libéraux de Brian Gallant est sans contredit l’une des décisions politiques les plus absurdes commises par un gouvernement de mémoire d’homme.

D’aller fermer le bureau de Saint-Quentin, dont le volume d’activité dépassait de plus du double celui de Kedgwick, repose sur une logique que seuls des réflexes politiques d’une autre époque peuvent expliquer. Quand on connaît le dynamisme de la petite ville, capitale de l’érable, qui se rapproche du plein emploi, et qui réussit à attirer des immigrants pour combler son besoin de main-d’œuvre, on devrait s’en servir comme modèle, et non tenter de l’arrêter.

Ce qui se passe à Saint-Quentin, c’est ce à quoi aspirent des dizaines de communautés rurales dans la province: défier la tendance lourde qui veut détruire nos communautés rurales.

D’abord, regardons la rivalité presque légendaire entre les deux communautés voisines de Kedgwick et de Saint-Quentin qui remonte à la nuit des temps. Cette compétition, disons-le excessive entre les deux endroits, s’inscrit dans une longue liste de chicanes de clocher qui nourrissent le quotidien de plusieurs localités. Lamèque-Shippagan, Grand-Sault-Edmundston, Caraquet-Tracadie sont autant de lieux exposés à des rivalités qui, reconnaissons-le, ne sont pas toujours salutaires.

Avec une population régionale qui dépasse à peine les 5000 habitants, et seulement 25 kilomètres qui séparent les deux villages, on partage très peu les services gouvernementaux dans le Restigouche-Ouest. On y compte deux polyvalentes, plusieurs dédoublements de services et des luttes mémorables pour les écoles, les bureaux des ressources naturelles, Ambulances NB, Service NB, etc.

Rare objet de consensus, c’est l’hôpital, mais encore là, d’aucuns mettent en doute parfois la ferveur de Kedgwick dans ce dossier.

Sur le plan politique, il n’y a pas dans la province un scénario semblable.

En 1987, cette circonscription fut la dernière à élire son député ne donnant à Jean-Paul Savoie qu’une mince majorité de 17 voix sur son adversaire, le populaire ministre conservateur Yvon Poitras. Saint-Quentin a ignoré la vague rouge de Frank McKenna. Sauf pour une exception lors d’une partielle en 2009, elle votera massivement conservateur élection après élection!

Un peu plus à l’est dans le comté, à Kedgwick, c’est exactement l’opposé. On y vote libéral dans les mêmes proportions. Le problème pour les Saint-Quentinois est qu’ils sont isolés dans une mer libérale ne les laissant que rarement la chance d’élire le candidat de leur choix. La politique est tellement polarisée là-bas que les ordinateurs de Radio-Canada faillissent lors des élections à y choisir le bon gagnant. Des mauvaises langues prétendent même que Jean-Paul Savoie provoquait parfois des crises à Saint-Quentin afin de renforcer son support dans le reste du comté!

En profitant d’une levée de fond conservatrice à Saint-Quentin dimanche dernier pour annoncer la bonne nouvelle de la réouverture du bureau de Service N.-B. , le vice-premier ministre Gauvin trouve un moyen de récompenser la résilience de cette petite plaque de bleuets dans un vaste champ de fraises.

Chantons tous ensemble: «Si vous voyagez un brin, du côté de Saint-Quentin. Vous verrez que Robert Gauvin, s’y est fait beaucoup de copains!»