Du pareil au même

À l’heure de terminer ce billet, on ne sait pas qui formera le prochain gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador. On ne sait pas combien d’électeurs auront voté, mais on soupçonne que beaucoup ne se dérangeront pas.

Pourquoi? Parce qu’en temps normal les électeurs d’ici sont plutôt apathiques et que cette campagne a été aussi terne que la météo, couleur «brume-et-grisaille». Ce que je sais, par contre, peu importe les résultats, c’est que rien ne va changer. «Bonnet blanc et blanc bonnet» aurait dit ma grand-mère.

Les libéraux de Dwight Ball continuent de promettre le beurre et l’argent du beurre. En fait, Dwight Ball a déjà gaspillé «le beurre» en utilisant l’Accord atlantique, signé avec Ottawa pour une période de plus de 30 ans, pour équilibrer le budget actuel et diminuer les impôts. En voyant ça, on prend peur devant le slogan libéral: «En avant». En avant vers quoi exactement? Le gouffre?

Les conservateurs de Ches Crosbie, quant à eux, se présentent comme des prestidigitateurs de la politique, promettant de couper les impôts (bien sûr) tout en remettant les finances de la province à flot. Quand je vous dis qu’on nous prend pour des idiots! Du désastre financier et potentiellement écologique du projet hydroélectrique des chutes Churchill, pas un mot. De la dette sans cesse croissante de la province, rien de sérieux non plus, juste les platitudes habituelles.

Hors de ces deux dinosaures, pas de Parti vert et un parti néo-démocrate abandonné par sa chef quelques mois avant le déclenchement des élections, comme si elle avait soudainement découvert, en prenant la tête du parti en juin dernier, que l’année (électorale) de 2019 suivait 2018.

Vous dire que les électrices et électeurs de Terre-Neuve-et-Labrador sont mal pris, c’est peu dire! Certains citoyens ont réclamé la vérité durant cette campagne, mais il est clair que les partis politiques n’étaient pas du même avis. Libéraux et conservateurs ont compris qu’ici, comme chez vous, comme partout, la population ne veut pas vraiment les faits, les vrais. La pilule pourrait être bien trop dure à avaler. Demandez donc à Clyde Wells, le dernier premier ministre de Terre-Neuve à avoir eu le courage de regarder le gouffre en face pour mieux le combler.