Le prix de la démocratie

Nos députés à l’Assemblée législative sont-ils trop payés? Certains, comme la Fédération canadienne des contribuables, estiment que la récente hausse des allocations des députés au Nouveau-Brunswick, n’est pas acceptable compte tenu du contexte des compressions des dépenses publiques.

Le gouvernement de Brian Gallant a fait adopter en 2017 un projet de loi pour geler le salaire des députés fixé à 85 000$ par année pour la période du 1er avril 2008 au 31 mars 2021. Après l’Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick est la province qui rémunère le moins ses députés. À titre de comparaison les députés les mieux payés au pays sont ceux de l’Alberta avec une rémunération annuelle de 127,296.00 $.

Une somme de 1 million $ a été votée pour notamment accorder aux députés une hausse de leur budget de circonscription qui passe de 40 000$ à 50 000$ par année. Les quatre partis politiques présents dans l’Assemblée législative ont donné leur accord pour ces augmentations. Les détracteurs de cette décision y voient une complicité malsaine de nos élus pour se graisser la patte entre eux.

Pour plusieurs, nos députés sont trop payés. Est-ce vraiment le cas? Lorsqu’un professionnel comme un avocat ou un médecin ou encore une personne d’affaires décide d’être candidat aux élections, il accepte bien souvent une diminution de son revenu. De plus, le nouvel élu n’a plus de vie privée et il est corvéable sept jours par semaine.

Si nous voulons attirer des candidats de qualité pour devenir des législateurs et dans certains cas ministres, il faut pouvoir les payer de manière raisonnable. Le Nouveau-Brunswick doit faire face à de nombreux défis. D’où l’importance d’avoir les dirigeants politiques les plus qualifiés possible.

Lorsqu’il s’agit des professionnels de la santé comme des médecins spécialistes, la province n’a pas le choix et doit délier les cordons de la bourse afin d’offrir des conditions salariales concurrentielles avec les autres provinces. La divulgation annuelle des salaires de nos médecins permet de constater que plusieurs de ceux-ci sont des millionnaires.

Beaucoup de personnes amateurs de hockey n’ont pas de problème à payer des centaines de dollars pour un siège afin de surveiller un match professionnel. Lorsque l’on apprend qu’un athlète professionnel décroche un contrat lui valant d’empocher des millions de dollars, il n’y a pas beaucoup de gens qui s’indignent.

Ceux qui s’offusquent des conditions salariales de nos députés devraient y réfléchir à deux fois. Il est facile de tomber dans la démagogie. Il faut accepter que nos institutions démocratiques aient un prix. Les pays où la démocratie n’est pas fonctionnelle vont connaître souvent de grandes difficultés sur le plan économique.

Nous avons la chance d’avoir au Canada des institutions démocratiques très solides où le respect de la loi est primordial. Grâce à cet environnement favorable, notre pays peut attirer des investissements et créer de l’emploi. Les taux de chômage et d’inflation sont bas. Les citoyens peuvent également bénéficier de taux d’intérêt très faibles afin de s’acheter une propriété ou un bien de consommation.