C’est si beau l’accordéon!

Au risque de passer pour un «radoteux», je ne pourrai commencer cette chronique sans mentionner notre évêque Daniel Jodoin, qui encore une fois s’est surpassé en plaçant un cadenas sur des installations sportives à Tracadie privant ainsi la jeunesse de cette région de divertissements sain pour le corps et pour l’esprit.

Alors que l’institution qu’il dirige est tellement en manque de direction sensible et sensée, monseigneur de Bathurst choisit plutôt de jouer au marguiller et de réduire à son plus petit dénominateur commun les interventions avec ses brebis. On est loin des propos de Saint-Augustin sur la grandeur de l’âme, ou encore de l’encyclique de Léon XIII sur la doctrine sociale de l’Église! On pourrait le surnommer l’Évêque qui dit non!

Tout à l’opposé du spectre, nous avons vécu cette semaine un grand moment de grâce, quant à Shippagan, nos représentants politiques Serge Cormier et Robert Gauvin ont d’une voix commune annoncé en présence des trois associations de pêcheurs de crabe des mesures financières pour contenir les problèmes de la flottille dans le dossier des baleines noires.

Ici nos politiciens ont agi comme ils devraient toujours le faire: sans se battre et de commun accord. Le député fédéral Serge Cormier s’est particulièrement démarqué dans ce dossier. On sait qu’ils représentent, lui et sa collègue gaspésienne Diane LeBouthillier, les deux seuls territoires susceptibles de fermeture quand arrivent chaque printemps la pêche et les baleines noires.

Cormier démontre ici qu’il sait écouter. Après des moments particulièrement difficiles le printemps dernier, le député d’Acadie-Bathurst, s’est retroussé les manches et est revenu cette année avec des modifications qui offrent aux pêcheurs de crabe une fenêtre plus large dans la zone statique et enlève pratiquement le risque de fermeture de zones pour les pêcheurs de homard des îles Lamèque et Miscou.

Tout cela s’ajoute à la contribution financière que son gouvernement apporte de concert avec la province pour trouver des moyens de pêcher tout en protégeant les cétacés. Il a aussi lancé un défi intéressant aux crabiers, ainsi qu’à la province, en invitant ceux-ci à travailler conjointement pour que la Péninsule se dote d’un petit brise-glace capable de libérer notre flottille des glaces qui s’accumulent de plus en plus tard autour de nos ports.

Même chez les crabiers qui ont généralement le blâme facile, on observe une approche plus constructive. D’abord les trois associations veulent travailler ensemble, ce qui n’est pas toujours le cas, et on accepte de tendre la main au gouvernement fédéral. Que de bonnes nouvelles!

Les politiciens Cormier et Gauvin méritent également des éloges pour avoir invité les pêcheurs de crabes des neiges à faire preuve d’une plus grande conscience sociale en livrant leur prise dans la région et en ne vendant pas leurs opérations à des intérêts financiers d’autres provinces. Il en va de l’avenir de notre industrie.

Si les crabiers peuvent s’entendre avec le fédéral, et si Serge Cormier et Robert Gauvin peuvent collaborer sur des projets communs, il serait possible pour monseigneur l’évêque de nous montrer lui aussi son bon côté! Accordez-vous qu’il disait; c’est si beau l’accordéon.