Le départ d’un grand champion

Le décès du grand Niki Lauda cette semaine a ébranlé le monde de la course automobile et le monde du sport en général.

On parle ici de celui qu’on a surnommé le miraculé du sport.

Il faut voir le film Rush pour comprendre à quel point l’Autrichien a défié la mort tout au long de sa longue et fructueuse carrière.

Ce long métrage réalisé par Ron Howard (le Code Da Vinci) raconte l’histoire de la rivalité entre le Britannique James Hunt et Lauda.

Hunt brûlait la chandelle par les deux bouts.

Il multipliant les conquêtes féminines autant que les coups de volant.

Lauda, lui, c’était le cérébral qui ne vivait que pour la course.

Selon lui, il ne fallait jamais dépasser 20% de risque de perdre la vie dans une course.

C’est ce message qu’il avait tenté de passer à ses collègues lors d’une réunion tenue avant le Grand Prix d’Allemagne le premier août 1976.

Lauda voulait faire annuler la course en raison des pluies abondantes qui s’étaient abattues sur le circuit de Nurburgring, alors que Hunt voulait à tout prix courir, afin de rattraper son adversaire au classement des pilotes.

C’est finalement le Britannique qui a eu le dernier mot et le départ a été donné.

Dès le deuxième tour, la Ferrari 312-T de Lauda a quitté la piste pour frapper violemment un muret de sécurité.

Le réservoir à essence a explosé et le pilote autrichien a passé plus d’une minute dans un amas de ferraille qui brûlait à plus de 800 degrés.

Il hurlait à l’aide, mais personne ne pouvait franchir le mur de flammes pour le secourir.

Quand son collègue Arturo Merzario a réussi à l’extirper du brasier, Lauda avait inhalé des gaz toxiques et son corps a été brûlé à plus de 80%.

Il a passé plusieurs jours dans le coma et a dû subir plusieurs chirurgies à la tête et au visage.

Il restera à jamais défiguré par cet horrible accident.

Moins de six semaines après cette tragédie, Lauda était de retour dans sa monoplace pour le Grand Prix d’Italie.

Il portait encore des bandages sur ses brûlures pas encore cicatrisées et il s’est dit pétrifié quand il a pris place dans sa voiture pour la course.

Il a quand même trouvé le moyen de terminer quatrième.

Lors du Grand Prix du Japon, dernière course ce la saison 1976, la pluie a commencé à tomber sur le circuit du Fuji Speedway.

Cette fois, Lauda a décidé d’abdiquer après seulement deux tours.

James Hunt a pris plusieurs risques qu’on qualifierait aujourd’hui de insensés pour terminer au troisième rang et ainsi devancer son adversaire par un seul petit point au championnat.

Ce fut le seul titre mondial pour Hunt, qui s’est retiré en 1979 pour devenir commentateur.

Il est décédé en 1993 d’une crise cardiaque, probablement reliée à ses excès de jeunesse.

Niki Lauda a continué à courir et a finalement mis la main sur un troisième titre de champion du monde en 1984 (sur McLaren) à l’âge de 35 ans.

Il s’est retiré la saison suivante pour se consacrer à sa compagnie d’aviation.

Mais il est demeuré impliqué en formule un jusqu’à tout récemment à titre de consultant.

Quand on parlera du plus grand retour de l’histoire du sport, c’est l’image du visage ensanglanté et brûlé de Niki Lauda qui nous viendra immédiatement en tête.