Disney poursuit la vaste opération de dépoussiérage des films cultes de son catalogue. Après La Belle et la Bête (2017) et Dumbo (2019) notamment, c’est au tour du classique de l’animation Aladdin (1992) d’être adapté au goût du jour au moyen de prises de vue réelles.

Réalisé par Guy Ritchie (Sherlock Holmes, The Man from U.N.C.L.E.), le nouveau Aladdin (en salle depuis jeudi soir) marque notamment le retour en très grande forme de Will Smith.

Encore une fois, la question se pose: quel est l’intérêt de donner une deuxième vie à un film qui a laissé une marque indélébile dans la culture populaire?

Après tout, l’Aladdin de 1992 a remporté deux Oscars et un Grammy en plus de devenir le premier film d’animation à engranger un demi-milliard de dollars au box-office (ce qui équivaudrait à 1,01 milliard $ en argent d’aujourd’hui, selon Box Office Mojo, qui calcule également que le film figure parmi les 100 qui ont vendu le plus de billets dans l’histoire).

Bref, on parle ici d’un classique, un vrai. Un film qui a marqué deux, si ce n’est pas trois générations d’enfants partout sur la planète. Une oeuvre dont le message demeure très actuel et dont les images n’ont pas si mal vieilli.

Certains diront que le nouveau Aladdin permettra de faire connaître aux touts petits d’aujourd’hui les aventures de l’intrépide enfant itinérant devenu prince. D’autres y verront simplement le toujours plus grand appétit des actionnaires de Disney.

Au-delà de tout ça, le nouveau Aladdin a surpassé mes attentes (pas très grandes, je l’avoue, après la déception qu’a constitué Dumbo à mes yeux).

De la rue au palais

Aladdin (Mena Massoud) est un orphelin qui vit dans la rue d’un royaume oriental. Il se nourrit en volant.
Un jour, il fait par accident la connaissance de la princesse Jasmine (Naomi Scott). Cupidon frappe, mais leur amour est impossible, la loi du royaume dictant que Jasmine doit être mariée à un prince.

C’est alors qu’Aladdin est capturé par le méchant Jafar (Marwan Kenzari). Afin de détrôner le sultan du royaume, le vizir Jafar a besoin d’une lampe mystique cachée dans une grotte dont l’accès est réservé à un humain «dont le coeur est un diamant brut».

Jafar demande donc à Aladdin d’aller récupérer la lampe. En échange, il en fera un prince, ce qui permettra au petit orphelin d’épouser Jasmine.

Aladdin met la main sur la lampe, mais au moment d’honorer sa promesse, Jafar repousse Aladdin dans la grotte… ainsi que la lampe.

Enfermé, le jeune homme découvre que la lampe est en fait l’habitat d’un puissant génie (Will Smith) qui peut lui accorder trois souhaits.

S’amorce alors le retour d’Aladdin au royaume, sous la forme d’un riche prince, déterminé à obtenir la main de Jasmine. L’amour des deux tourtereaux survivra-t-il à cette supercherie? Et que fera Jafar quand il réalisera que la lampe est à sa portée?

Magnifique

Tourné en 3D, Aladdin est un film visuellement éblouissant. On y découvre un Orient majestueux, où l’abondance, les couleurs vives et l’architecture audacieuse règnent en roi et maître.

Une splendeur qui est à l’occasion accentuée par des danses chorégraphiées d’une grande exubérance, des costumes hauts en couleur et d’un défilé d’une opulence titanesque.

Ritchie a réellement puisé dans les derniers retranchements de son imagination pour créer un royaume unique sorti tout droit des contes des Mille et Une Nuits.

Convenu

S’il est un domaine où l’imagination du réalisateur aurait pu être davantage sollicitée, c’est au niveau du scénario. Le nouveau Aladdin suit la même trame narrative – à peu d’exceptions près – que le film d’animation classique.

Oh, Ritchie apporte bien une légère touche féministe à son oeuvre (Jasmine souhaite devenir sultane du royaume, ce que son père lui refuse «parce que ça n’a jamais été fait avant»), mais il me semble que tant qu’à refaire un film, aussi bien y intégrer des éléments nouveaux afin d’offrir quelques surprises aux spectateurs…

Heureusement, le trio de comédiens principaux (Massoud, Smith et Scott) livre la marchandise. Disney a eu besoin de quatre mois pour dénicher les bonnes personnes pour interpréter Jasmine et Aladdin. Il fallait après tout trouver des comédiens qui, non seulement, avaient une certaine chimie, mais étaient également en mesure de jouer, de danser et de chanter. Pas banal.

Le résultat est un divertissement au-dessus de la moyenne (malgré les numéros musicaux qui viennent parfois briser le rythme).

Reste que j’aurais été curieux de voir ce trio de comédiens nous offrir, dans cet univers visuel resplendissant, une histoire qui aurait davantage dévié du conte classique.

ALADDIN

En bref: Un jeune sans abri tombé amoureux de la fille d’un sultan demande l’aide d’un génie afin de devenir prince et épouser celle qu’il aime.

Appréciation: Avec ses décors majestueux et ses comédiens convaincants, Aladdin est un très bon divertissement; dommage que le scénario ne soit pas plus audacieux.

Version française: Aladdin
Genre: Comédie familiale
Réalisateurs: Guy Ritchie
Scénario: Guy Ritchie et John August
Avec: Will Smith, Mena Massoud et Naomi Scott
Budget: estimé à 183 millions $
Durée: 128 minutes
Une production des studios: Walt Disney Pictures et Lin Pictures

ÉVALUATION (sur 5)

Scénario: 3
Qualités visuelles: 4
Jeu des comédiens: 4
Originalité: 3
Divertissement: 4

Total: 18 sur 25