Cette semaine, je suis sorti pour une marche. Assez longue pour mériter une pause. En me disant que le soleil était suffisamment fort pour me garder au chaud. Je me suis assis sur un banc. J’ai contemplé la diversité des verts printaniers. Et j’ai respiré l’air frais. J’ai senti plus que jamais que j’appartenais à cette nature, plus qu’elle m’appartenait!

C’est un immense privilège de pouvoir respirer cet air. Cette juste concentration d’oxygène qui entre dans les poumons et permet de vivre. Je suis uni à toute la création avec laquelle j’ai cet air en commun.

Ces atomes qui entrent à travers mon nez ont été respirés des millions de fois avant moi. Respiré par mes ancêtres. Par les Premières Nations. Aussi par les animaux, les plantes et les arbres.

Le développement de ces atomes remonte à si loin. La science n’en finit plus de démontrer que notre existence est liée à des milliers de phénomènes qui s’étalent sur des milliards d’années.

Sans cette longue succession d’événements, la vie ne serait pas possible. Sans cet équilibre parfait des forces en présence, la vie humaine ne serait pas apparue sur la Terre telle.

Il aurait suffi que les lois de la physique aient été un tout petit peu différentes et nous ne serions pas là aujourd’hui. Tant de découvertes récentes font dire aux scientifiques: «sans ça, nous ne serions pas là aujourd’hui!»

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À sa naissance, la Terre n’avait pas le nécessaire pour la vie humaine. Il a fallu une longue maturation de plusieurs milliards d’années. D’abord en milieu aquatique. Ensuite, la vie s’est propagée dans des plantes et des animaux pour atteindre une complexité permettant l’intelligence. Celle-ci peut se présenter de quelques manières chez les animaux, mais c’est chez l’être humain qu’elle semble atteint toute sa splendeur.

Il y a sûrement une part d’orgueil dans le fait de placer l’Homme comme une forme aboutie de l’évolution biologique. Mais il y a aussi des faits qui confirment sa place privilégiée. Parmi les mammifères, l’espèce humaine est l’une des plus nombreuses. Ses performances renversent: il peut guérir des maladies et aller sur la lune. Sa puissance semble illimitée: il peut courir pendant des heures et survivre des jours dans le désert.

Ce prodige peut mener à l’émerveillement face à cette nature et pressentir qu’une main secrète dirige toutes ces interventions. Il peut aussi conduire au doute en laissant à l’association entre le hasard et la nécessité l’unique explication de tout.

Cet état d’émerveillement peut être le commencement d’une croyance en un Dieu créateur. Pour moi, l’étonnement et l’admiration face à la création représentent l’antichambre de la foi. En fixant dans les yeux quelques fleurs sauvages qui me regardaient vivre, j’ai voulu faire comme elles: me laisser bercer par le vent en laissant à d’autres la tâche de s’épuiser à vouloir tout comprendre.

Cette semaine…

Pensé à la fragilité de la vie sur la Terre et à la nécessaire conversion humaine pour prendre soin de la création. Parlant des rapports entre l’homme et la nature, le biologiste américain Aldo Leopold disait: «Au cours de l’histoire, nous avons appris (je l’espère) que le rôle du conquérant contient en lui-même sa propre défaite.»

Fasciné par cette tradition amérindienne montrant que le respect de toute vie contient ses propres limites. Il faut savoir concilier la chèvre et le chou dans une éthique de la Terre. Ainsi, avant de tuer un ours, les Amérindiens lui disaient «Excuse-nous, mais c’est toi ou nous!» Les poulets en ferme d’élevage n’ont pas droit à cela.

Lu sur la création des parcs naturels. Aux Etats-Unis, sous le leadership de John Muir (fondateur du Sierra Club et précurseur dans la conscience écologique), le premier parc de la protection de la nature est créé à Yellowstone, en Californie en 1872; au Canada, en 1885, un premier parc national ouvre à Banff. Au début du XXe siècle, de nombreux parcs ouvriront en Europe.

Appris que c’est en 1902 que neufs États européens signent un traité pour la «protection des oiseaux utiles à l’agriculture». Plusieurs décennies plus tard, on parlera d’espèce en voie d’extinction. À Londres, en 1933, on parle de la «conservation de la faune et de la flore à l’état naturel». On verra aussi la création des WWF (World Wildlife Federation), des Amis de la Terre et de GreenPeace durant les années 1960.

Réjoui par ces initiatives environnementales. En 1956, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) naît en Suisse. En 1973, une convention est signée à Washington sur le Commerce international et la protection des espèces en danger. En 1982, la Charte mondiale de la nature est adoptés par l’ONU. Suivi en 1992 par le sommet de la Terre à Rio de Janeiro. Et la récente COP 21 de Paris.