Ça manque de sérieux

Les progressistes-conservateurs de Blaine Higgs sont-ils en train de manigancer en coulisses pour nommer l’un des leurs au poste de commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick?

Leurs adversaires politiques aimeraient certainement nous en convaincre. Après tout, le scénario est loin de relever de la science-fiction. Il y a à peine deux ans que les libéraux fédéraux ont essayé de nommer Madeleine Meilleur au poste de commissaire aux langues officielles du Canada alors qu’elle venait tout juste de quitter son poste de députée libérale provinciale en Ontario.

Il est toutefois fort plus probable que nous ayons eu droit cette semaine à Fredericton à un autre cafouillage communicationnel rendu possible en partie par le peu d’intérêt du gouvernement à l’égard des questions de langues officielles.

M. Higgs a lui-même admis vendredi qu’il en avait beaucoup appris récemment sur le processus de nomination du commissaire aux langues officielles, ce qui expliquerait certaines de ses déclarations contradictoires de la semaine. Il importe ici de rappeler que le premier ministre est l’ultime responsable de la Loi sur les langues officielles au Nouveau-Brunswick.

Ce qui est vraiment plus troublant dans cette affaire, c’est que le comité de sélection ait mis ses travaux en veilleuse pendant cinq mois, entre octobre et mars, alors qu’on savait que le mandat du commissaire par intérim ne peut légalement durer plus d’un an. Pire encore, deux mois après cette décision, le nouveau concours n’a toujours pas été lancé et nul ne sait quand il le sera ou si les sept premiers candidats seront encore intéressés par le poste.

Tout ça manque cruellement de sérieux. Pas étonnant par la suite que les francophones s’inquiètent pour l’avenir du commissariat et pour son impartialité, surtout dans le climat actuel au Nouveau-Brunswick et ailleurs au pays. Des acquis sont si vite perdus quand on est une minorité, parlez-en aux Franco-Ontariens.