Des élections provinciales anticipées?

Le ton monte à l’Assemblée législative entre le gouvernement minoritaire du premier ministre Blaine Higgs et les partis d’opposition. Les députés libéraux ont fait voter avec succès une motion demandant l’arbitrage obligatoire pour régler le conflit de travail dans les foyers de soins de la province.

Le premier ministre Blaine Higgs n’a pas l’intention de respecter la volonté de la majorité des députés de la Chambre et invite les partis d’opposition à provoquer des élections anticipées ce printemps. Ces derniers doivent-ils prendre au sérieux les propos du premier ministre Higgs?

Les derniers sondages indiquent que si des élections avaient lieu maintenant, les progressistes conservateurs pourraient recueillir autour de 40% des votes, les libéraux 30%, les verts 20%, le NPD 5% et le People’s Alliance 3%. Si ces intentions de vote se concrétisaient le jour des élections, les progressistes-conservateur pourraient former un gouvernement majoritaire.

Il est toujours risqué de déclencher des élections anticipées. On peut rappeler que Stephen Harper lorsqu’il a formé son premier gouvernement minoritaire en 2006 avait, malgré une loi votée par le Parlement en 2007 pour avoir dorénavant des élections à date fixe, décidé en 2008 de déclencher des élections hâtives. Il estimait que le Parlement ne fonctionnait pas à son goût et demandait aux électeurs de lui donner une majorité. Eh bien, Stephen Harper a dû pour une seconde fois se contenter d’un gouvernement minoritaire.

Toutefois, lorsque le gouvernement minoritaire Harper a été défait à la suite d’un vote de censure des partis d’opposition en 2011, les électeurs l’ont retourné au pouvoir avec un mandat majoritaire.

Le Parti québécois dirigé par Pauline Marois avait en 2012 obtenu une minorité de sièges à l’Assemblée nationale. Après 18 mois au pouvoir, la première ministre Marois invoquait les blocages des partis d’opposition pour déclencher des élections anticipées pour le 7 avril 2014. Le Parti québécois a mordu la poussière lors de ces élections et Pauline Marois a été défaite dans sa propre circonscription.

Avec un Parti libéral dirigé par un chef qui n’a jamais été élu à une charge publique, un Parti vert dont le chef est aussi populaire que le nouveau leader libéral et la People’s Alliance qui voit ses appuis fondre comme la neige au soleil, Blaine Higgs pourrait très bien s’accommoder d’élections anticipées qui pourraient le reporter au pouvoir cette fois-ci majoritaire.

Avec la People’s Alliance affaiblie et le Parti vert qui talonne de près les libéraux, on pourrait croire que l’opposition officielle libérale n’est pas particulière enthousiaste à l’idée d’élections ce printemps. Le pari est autant risqué pour les libéraux que pour les progressistes-conservateurs.

Pour sa part la People’s Alliance pourrait connaître le même sort que le parti CoR et disparaître de la carte politique. Le Parti vert pourrait bénéficier de la croissance de sa popularité pour faire de nouveaux gains aux dépens des libéraux.

Les débats à l’Assemblée législative s’annoncent des plus mouvementés d’ici la fin des travaux dans les prochaines semaines.