Plus jamais ça

Comme tout le monde, sans doute, j’ai fait une pause dans mes activités, cette semaine, pour regarder les émouvantes émissions en direct des plages de Normandie, tout particulièrement celle de Juno où nos Canadiens et Acadiens se sont illustrés. Certains d’entre eux, étaient sur place, M. Vautour entre autres.

Ma mère et mon père étaient tous deux des engagés volontaires de la France Libre, mes grands-parents étaient d’ardents défenseurs de la liberté et du général de Gaulle, je ressens donc ces cérémonies à la fois comme femme native de Saint-Pierre et Miquelon et comme fière Canadienne et Acadienne que je suis aujourd’hui et depuis plus de 40 ans.

75 ans après de tels sacrifices, nos pays sont de nouveau dans l’incertitude, affligés par l’insatisfaction générale, la polarisation des idées et le populisme. Tout cela ressemble étrangement à l’atmosphère qui servit de prélude à la Seconde Guerre mondiale. Se pose alors le dilemme que j’ai entendu, cette semaine, de la bouche même d’un de ceux qui débarquèrent sur les plages de France pour repousser le nazisme: «On n’a pas fait ça pour que ça recommence.» En effet!

Mais les touchantes cérémonies de cette semaine illustrent bien le fait que seule une poignée d’hommes se souviennent aujourd’hui de ce qu’ils ont vécu; pour le reste d’entre nous, c’est maintenant une question de souvenirs partagés. Et les souvenirs n’ont pas la même force, ni le même pouvoir de dissuasion, de tant s’en faut. Alors comment faire œuvre utile de ce 75e anniversaire? Comment s’en servir pour tenter de repousser les forces totalitaristes qui s’emparent tous les jours un peu plus de nos démocraties? Brésil, Italie, France, Allemagne, États-Unis même?

Comme le réchauffement climatique et la pollution de notre planète, le totalitarisme est un mal pernicieux, qui nous envahit petit à petit, comme un lierre qui s’accroche à toute aspérité et progresse lentement pour mieux étouffer tout ce qui est sur son passage. Serons-nous capables de réagir? Et, cette fois, de tenir la promesse faite à la fin de la Première Guerre mondiale: «Plus jamais ça!»