Les autocollants de M. Ford

Durant quelques instants, on se serait cru à Queen’s Park cette semaine plutôt qu’à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick lorsqu’il a été révélé que le gouvernement de Blaine Higgs avait envoyé des autocollants contre la taxe fédérale sur le carbone à 500 stations-service de la province.

L’initiative, qui a été qualifiée de propagande par les libéraux et les verts, est directement inspirée d’une mesure semblable du premier ministre de l’Ontario. Tout comme les autocollants de Doug Ford, ceux de Higgs rappellent aux automobilistes que leur plein de carburant leur coûte quelques cents de plus le litre en raison de la taxe sur le carbone, mais sans mentionner les rabais d’impôt qui l’accompagnent.

Toutefois, contrairement aux propriétaires de stations-service de l’Ontario, les propriétaires d’ici ne risquent pas de recevoir une contravention s’ils n’apposent pas ces autocollants sur leurs pompes à essence. Nos progressistes-conservateurs n’ont pas osé aller jusque-là dans l’imitation de leurs cousins ontariens. N’empêche qu’ils ont donné un sacré argument à ceux qui veulent leur nuire en les mettant dans le même bateau que Doug Ford. C’est dommage pour eux parce que Blaine Higgs a prouvé à plusieurs reprises depuis son élection qu’il n’est pas le même genre de politicien que M. Ford.

Alors que Doug Ford a éliminé le commissariat aux services en français de l’Ontario, M. Higgs a augmenté de 25% le budget du commissaire aux langues officielles. M. Ford a aussi supprimé le poste de commissaire à l’environnement. M. Higgs s’est plutôt engagé dans son discours du Trône à créer un poste du genre. Les compressions budgétaires du gouvernement Higgs n’ont également rien à voir avec l’austérité de M. Ford.

Selon le sondage de l’Institut Angus Reid publié vendredi, la cote de popularité de Blaine Higgs est de 53% alors que celle de Doug Ford est de 36%. Les progressistes-conservateurs du Nouveau-Brunswick y penseront peut-être à deux fois dorénavant avant de prendre exemple sur M. Ford.