Bon anniversaire!

L’Acadie Nouvelle fête ses 35 ans d’existence. Pour ma part, cela fait sept ans maintenant que, depuis Saint-Jean de Terre-Neuve, j’ai le plaisir de vous rencontrer tous les vendredis pour vous faire part de mes humeurs, de mes idées et de mes opinions.

«Ce n’est pas tout le monde, me disait récemment mon mari, qui a la chance d’exprimer publiquement ses opinions toutes les semaines.» Ce privilège, car c’en est un en effet, je le dois aux responsables du journal qui sont venus me chercher et ont laissé libre cours à mes humeurs. Je suis fière d’affirmer que jamais, en sept ans, l’Acadie Nouvelle n’a questionné mes choix, mes mots ou mes positions.

Beaucoup de gens en Acadie aiment critiquer le journal – pas assez profond, trop de sport, pas assez, trop de prises de position…

À ceux et celles qui en ont fait un sport national, j’aimerais rapporter le point de vue de certains anglophones de la région de Fredericton: selon eux, les Acadiens et les Acadiennes ont bien de la chance d’avoir un organe de presse comme l’Acadie Nouvelle pour représenter leurs intérêts. Ils vous envient le fait d’avoir un journal qui a pour mission de parler de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, des défis et des réussites de la communauté.

Vous trouvez ça étrange? Pensez-y un instant. «En anglophonie du Nouveau-Brunswick», qui parle au nom des citoyens et citoyennes? Qui défend leurs intérêts divers? Qui s’élève pour la justice sociale, l’inclusion, l’ouverture, le bilinguisme et même la dualité linguistique? Allez, vous connaissez la réponse… c’est souvent personne, puisque c’est à Irving qu’appartiennent TOUS les journaux anglophones. Admettez que quand on se compare, on se console.

Enfin, pour amener une perspective atlantique, il faut souligner que dans nos quatre provinces, il existe deux quotidiens indépendants. Deux! Le Chronicle Herald d’Halifax et l’Acadie Nouvelle. Cette indépendance d’esprit et de voix représente, et c’est bien triste, une anomalie dans un monde média de plus en plus uniforme et contrôlé.

Alors, critiquons notre Acadie Nouvelle, soit! «Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur», disait Beaumarchais. Mais soutenons-la aussi cette Acadie Nouvelle parce que, sans elle, j’en ai bien peur, nous serions contraints à confier notre Acadie à des gens qui ne l’ont pas vraiment à cœur.