Un pansement pour Saint-Jean

Au-delà de ses étonnantes révélations sur la façon dont se sont déroulées les négociations de  l’entente de financement entre la province et la Ville de Saint-Jean, la vérificatrice générale a mis le doigt cette semaine sur un problème beaucoup plus inquiétant et dont on parle très peu: l’état des finances de nos municipalités.

Saint-Jean n’est pas la seule communauté de la province à éprouver d’importants problèmes financiers. La dette des municipalités néo-brunswickoises est d’un peu moins d’un milliard de dollars et elle augmente chaque année, selon Kim MacPherson. Elle a d’ailleurs révélé que la situation était suffisamment inquiétante pour qu’elle y consacre un chapitre de son prochain rapport à paraître à l’automne.

Les villes et les villages sont dans l’eau chaude parce qu’elles n’arrivent pas à collecter suffisamment d’argent auprès de leurs citoyens pour s’acquitter de toutes leurs responsabilités. Pour certains, la solution se trouve dans la pleine municipalisation pour obliger les citoyens des districts de services locaux à payer leur juste part. Pour d’autres, on devrait fusionner les grandes villes et leurs banlieues. Plusieurs pensent que la province devrait libérer une partie de l’espace fiscale au profit des  municipalités. Le leader parlementaire du gouvernement, Glen Savoie, a même été jusqu’à suggérer cette semaine que le programme Chances égales pour tous de Louis J. Robichaud avait peut-être fait son temps.

Chacune de ces solutions, si elles étaient mises en oeuvre, ferait à coup sûr des dizaines de milliers de mécontents. On parle ici de hausses d’impôts, de compressions budgétaires, de fusions forcées et même d’un nouveau contrat social qui pourrait en laisser certains pour compte.

En négociant une entente à la va-vite et avec peu d’égard envers les lois tout juste avant les élections, l’ancien premier ministre Brian Gallant a tenté de traiter une épidémie à l’aide d’un pansement.

Les véritables solutions risquent de faire beaucoup plus mal et de nécessiter beaucoup plus de courage politique.