Toy Story 4: un autre chef-d’oeuvre signé Pixar

Il aura fallu patienter neuf ans pour connaître la suite des aventures de Woody, Buzz et leurs amis. L’attente en aura valu la peine puisque le quatrième chapitre de la saga Toy Story (en salle depuis jeudi soir) est un classique instantané qui déborde d’humour, d’action et d’émotions.

L’exceptionnel phénomène qu’est Toy Story est né en 1995. Les personnages du shérif Woody et de Buzz Lightyear se sont alors rapidement trouvé une place de choix dans la culture populaire.

Mieux encore, ce premier film a changé le cinéma d’animation pour toujours et a marqué le baptême d’une petite boîte de production appelée Pixar.

Acheté par Disney au coût de 7,4 milliards $ en 2006, Pixar a produit 21 films depuis 1995, a remporté 19 Oscars et a généré des ventes de billets totalisant plus de 18 milliards $.

Pas mal pour une petite compagnie lancée au coût de 15 millions $ en 1974 dans le sous-sol du New York Institute of Technology!

Plus loin encore!

Passés des mains du grand adolescent Andy à la petite Bonnie à la fin du troisième épisode, Woody et sa bande de jouets coulent des jours heureux chez leur nouvelle propriétaire.

À son premier jour de maternelle, Bonnie, anxieuse et seule, décide de se construire un petit jouet afin d’avoir un peu de compagnie. Le résultat, monté sur une fourchette, est malhabile et bâclé, mais devient rapidement le nouveau favori de la fillette.

Or, Fourchette ne comprend pas le rôle d’un jouet. Et son seul désir est de finir à la poubelle. Heureusement, Woody garde l’oeil sur l’ustensile et s’assure qu’il soit toujours présent pour Bonnie.

Tout cela change quand, lorsque la famille de Bonnie part en voyage, Fourchette prend la fuite. Woody se lance à sa poursuite, mais il se retrouve rapidement isolé du reste de la bande.

S’amorce alors une formidable aventure lors de laquelle le shérif et l’ustensile feront la connaissance de nouveaux copains, en plus de retrouver certains vieux amis.

Mais même en travaillant ensemble, est-ce que tout ce beau monde parviendra à ramener Fourchette à Bonnie?

Même formule

Les trois premiers épisodes de la franchise Toy Story (lancés en 1995, 1999 et 2010) sont aujourd’hui des classiques qui ont traversé le temps et les générations.

Dans ce quatrième épisode, Pixar et Disney ont recours à la bonne vieille formule qui a fait des chapitres précédents d’incroyables succès classiques et commerciaux.

On a donc droit à un premier acte un peu lent qui sert surtout d’introduction. Le deuxième acte sert à mettre en scène de nouveaux personnages alors que la finale est toute en action, en imagination et en tension.

Qu’est-ce qui différencie ce quatrième épisode alors? La qualité des effets visuels évidemment (j’y reviendrai), le fait que le film parle beaucoup plus aux petites filles, mais aussi et surtout, l’afflux de nouveaux jouets.

Parmi ces petits nouveaux, on remarque surtout la présence de Duke Kaboom, un motard cascadeur canadien (!).

Tout ce qui entoure Duke frôle le génie, de sa voix (un mélange de bûcheron et de Stephen Harper quand il parle français!) à son histoire en passant par sa personnalité à la fois arrogante et hésitante.

Interprété par Keanu Reeves en version originale, Duke Kaboom est un ajout exceptionnel.

Les images et la morale

Quand j’ai vu le premier Toy Story, je me souviens de m’être dit que la technologie avait atteint son summum et que les effets visuels d’un film d’animation ne pourraient jamais être plus réussis.

Je me suis aussi dit la même chose quand j’ai vu les épisodes 2, 3… et maintenant 4.

Pixar et Disney repoussent à nouveau les limites de leurs ordinateurs et nous offrent une oeuvre visuellement irréprochable. L’attention portée aux détails est tout simplement hallucinante. Que ce soit le dessous de la botte de Woody, l’asphalte ou un tapis, tout est rendu avec un réalisme surréel.

Même les émotions des personnages sont rendues à la perfection, au point que je me suis dit à quelques reprises que Woody est plus crédible que certains comédiens hollywoodiens!

Mais le génie de Pixar ne s’arrête pas là. La saga Toy Story a toujours été reconnue pour son humour qui s’adresse autant aux grands qu’aux petits, mais surtout, pour l’intelligence et la pertinence de sa morale.

C’est encore le cas dans ce quatrième épisode, qui se veut une longue métaphore sur le fait que les jouets jouent en quelque sorte le rôle de parents envers leur enfant. Ils les sécurisent, les consolent et ont le privilège de les voir grandir et s’épanouir tout en redoutant le jour où ils seront séparés.

Tout ça est rendu d’une façon extrêmement subtile, mais il ne fait aucun doute dans mon esprit que les enfants de 1995 devenus parents en 2019 vont comprendre et apprécier la métaphore.

Une franchise pourrait-elle être plus respectueuse envers son public de la première heure? J’en doute.