Pot et Alcool NB

On ne peut pas dire que tout tourne rondement à Cannabis et Alcool NB. Le modèle d’affaires mis en place dans la province pour la vente de cannabis s’avère pour le moment un échec. Cannabis NB a enregistré des pertes de près de 12 millions $ depuis sa première année en service.

Contrairement à d’autres provinces comme l’Ontario qui ont opté pour la privatisation de la vente de la marijuana, Cannabis NB est une société publique avec un nombre élevé de magasins per capita. Pénétrer dans les boutiques de ventes de Cannabis NB est comme se rendre à Fort Knox où y est entreposée la réserve d’or des États-Unis. Un «gentil» garde de sécurité derrière une vitrine de plexiglass demande systématiquement une pièce d’identité peu importe l’âge du client.

Après avoir montré patte blanche, le garde de sécurité appuie sur un bouton pour laisser entrer le client dans une autre pièce où il est accueilli par un «dynamique» préposé à la vente. C’est ce dernier qui va accompagner le client dans la salle de montre des produits de cannabis. Toutes ces multiples précautions pour vendre un produit maintenant légal sont coûteuses et peu invitantes.

La province de Terre-Neuve-et-Labrador a misé sur un partenariat avec le secteur privé pour la vente de la marijuana. La majorité des boutiques de cannabis se retrouvent dans les épiceries de la chaîne d’alimentation Loblaws.

Cannabis NB n’est pas près de devenir rentable aussi longtemps que son modèle d’affaires est dispendieux et que ses tablettes sont dégarnies. De plus, les produits vendus dans les boutiques de Cannabis NB sont beaucoup plus chers que ceux que l’on retrouve sur le marché noir.

Alcool NB a lui aussi de curieuses pratiques. Il est assez étonnant qu’une société bénéficiant d’un monopole trouve nécessaire de donner des bonis de performance à ses employés. Contrairement au cannabis dont une partie de la vente échappe au monopole public, tous les produits alcoolisés que l’on retrouve dans la province sont vendus directement ou indirectement par Alcool NB. Même le bootlegger du voisinage s’approvisionne chez Alcool NB.

En plus d’avoir une société d’alcool dont la gestion est problématique, la province a encore des lois sur la vente de l’alcool qui remontent à l’ère victorienne et à la prohibition. Un grand ménage s’impose afin que la réglementation concernant l’alcool entre dans le 21e siècle.

L’alcool est tellement un produit encore tabou que seules les personnes de 19 ans et plus peuvent le servir et même le toucher. Certains produits alcoolisés comme le vin et le cidre sont maintenant disponibles dans les grandes chaînes d’alimentation. Toutefois si vous vous présentez à la caisse avec de l’alcool, seul un commis de 19 ans et plus pourra scanner votre achat. Comme souvent, les fins de semaine, les employés à la caisse sont des mineurs, il faudra prendre votre mal en patience et attendre qu’un employé d’âge majeur puisse manipuler votre achat.

Bienvenue au Nouveau-Brunswick!