En avoir ou pas

Vous reconnaissez ce titre ? Hemingway, To Have and Have Not (1937). La littérature m’appelle de partout, elle prend des formes multiples.

En remettant mes livres sur les tablettes, il y a six mois, j’avais l’impression nette et palpable de retrouver de vieux amis. Les sentir dans mes mains c’était comme les embrasser. Les livres, je veux dire.

Je signe aujourd’hui ma dernière chronique, que d’autres appelaient ma rubrique, mot sympathique pour évoquer ce que moi, j’appelais un billet. Quelque chose arrive à sa fin. Est-ce la poussée de dire des choses qui faiblit, ou la chose à dire elle-même qui s’éteint? Je n’en sais rien.

Par contre, je me suis mise à écrire des chansons. Paroles seulement. Sont-elles bonnes? Peut-être. Un peu. Je n’en sais rien.

C’est donc un peu la forme, un peu la (re)présentation qui changent. J’ai même vaguement reflirté avec le roman, Je dois penser qu’il m’en reste encore, de la jarnigoine. En avoir ou pas.

Aussi minimales fussent-elles, mes rubriques me demandaient une sorte d’attention de tous les instants à ce point de contact entre le public et le privé, entre l’impersonnel et le soi, là où nous réalisons qu’il n’y a pas que soi-même, mais soi-même il y a.

En termes de performance d’un président des États-Unis, je dirais que j’étais à la fin de mon deuxième mandat. Ce qui est respectable. Mais ne me demandez rien au sujet du premier mandat, tout cela est déjà loin.

Je remercie l’Acadie nouvelle de m’avoir accordé cet espace public privilégié pendant toutes ces années. J’ai certainement aimé et bénéficié de cette forme d’écriture ouverte au littéraire, si je puis m’exprimer ainsi.

Je salue aussi toutes celles et ceux qui m’ont suivi ou découvert au fil des ans. Sachez que j’ai pris personnellement tous vos commentaires encourageants et salutations amicales diverses.

Je ne peux pas m’en tirer sans féliciter sincèrement la ville de Campbellton, qui semble avoir réussi une belle refonte de son centre-ville.

Cet espace désarticulé avait fait l’objet d’une de mes premières chroniques. Je ne manquerai pas de revisiter Campbellton cet été.