Spider-Man Far from Home: tout simplement spectaculaire!

À une époque où les médias sociaux deviennent des nids de désinformation et que l’homme le plus puissant du monde remodèle constamment la «vérité» à son avantage, comment distinguer le vrai du faux? C’est le thème qu’aborde le nouvel épisode de Spider-Man, Far from Home (en salle depuis mercredi).

Ce nouveau film est le 23e de l’univers cinématographique Marvel et la deuxième aventure solo à mettre en vedette l’excellent Tom Holland dans le rôle de l’homme-araignée – après Homecoming, en 2017.

C’est aussi le premier film post-Avengers: Endgame (avril 2019) et sa conclusion est pour le moins ébranlante.

On retrouve donc Spidey, Nick Fury (Samuel L. Jackson), Maria Hill (Cobie Smulders) et Happy Hogan (Jon Favreau) affectés à divers degrés par la perte de plusieurs de leurs amis et par le vide que ces départs ont laissé au sein de la plus-tout-à-fait-toute-puissante équipe des Avengers.

Le choix de Peter

Après les événements d’Endgame, la vie reprend son cours normal sur la Terre. C’est aussi le cas à l’école secondaire de Peter Parker (alias Spider-Man), où l’année scolaire touche à sa fin.

En compagnie de quelques compagnons, Peter s’embarque pour l’Europe dans le cadre d’un voyage de fin d’études.

Le jeune homme compte profiter de l’occasion pour déclarer son amour à la ténébreuse MJ (Zendaya). Or, l’apparition de monstres destructeurs venus d’une autre réalité va contrecarrer les plans de l’homme-araignée.

Peter est déchiré: une partie de lui souhaite simplement passer du bon temps avec ses amis et MJ même s’il comprend que c’est son devoir de combattre la menace.

Il en reviendra à Nick Fury, à un héros venu d’un autre univers, Mysterio (Jake Gyllenhaal), et à un testament légué par Iron Man de convaincre Spider-Man de se lancer dans la mêlée.

Panne d’imagination?

Le retour au grand écran de Spider-Man est réussi. Un peu comme dans Homecoming, le réalisateur Jon Watts nous offre un film qui déborde d’humour, d’action, de tension, de surprises et de dilemmes.

Si Far from Home a un défaut, c’est au niveau de la «surprise» qu’il nous réserve à la demie du film. Les gens qui connaissent la longue histoire de Spider-Man l’auront malheureusement vue venir longtemps à l’avance.

En fait, depuis le début de l’année, pas moins de trois films majeurs (dont un de l’univers Marvel…) ont emprunté le même stratagème pour tenter de surprendre leur public.

Ceci sans compter que de longs moments semblent avoir été empruntés aux scénarios d’Iron Man II (2010) et III (2013)…

Vous comprendrez que je demeure volontairement vague, mais je commence à me demander si les scénaristes de Hollywood sont en panne d’imagination…

Spectaculaire

Cette petite déception jumelée à quelques autres (Tom Holland est plus attachant dans le rôle de l’ado excité que de l’ado déchiré; Nick Fury ne m’a jamais semblé aussi antipathique) se noient toutefois dans ce qui constitue un film extrêmement divertissant.

Far from Home est d’ailleurs une réussite technique exceptionnelle. Les technologies ont énormément évolué depuis 2002 alors que c’est Tobey Maguire qui se balançait d’un immeuble à l’autre sous le masque de l’homme-araignée.

Les balades en hauteur du nouveau Spider-Man sont – de loin – les plus spectaculaires à avoir été tournées. On suit Peter sous des angles jamais utilisés. Et la fluidité des mouvements frôle la perfection.

La bataille que livrent Spidey et Mysterio à une créature de feu, dans le deuxième acte, représente à mes yeux un des moments forts de l’histoire des effets spéciaux au cinéma. D’un réalisme époustouflant.

Vrai ou faux?

Je critiquais plus haut les scénaristes pour leur manque d’imagination, mais je dois reconnaître une chose: ils sont parvenus à donner à leur oeuvre une résonance qui est drôlement d’actualité.

Le film est en fait une longue métaphore sur la «vérité» et son adaptabilité.

Désinformation, propagande, fausses nouvelles… Appelez ça comme vous voulez, mais Far from Home est en plein dedans.

Comme Spider-Man dans le film, nous devons constamment tenter de discerner le vrai du faux dans la masse d’informations qui nous heurte quotidiennement.

Difficile de ne pas faire le parallèle avec Donald Trump, les conspirationnistes, l’ingérence russe, le débat sur le vaccin et la crise militaire qui se profile en Iran, notamment.

Vous savez quoi? C’est formidablement rafraîchissant de voir l’empire Marvel enfin utiliser son influence quasi inégalée pour non plus seulement divertir le public, mais aussi pour le conscientiser.