Une vraie réforme municipale

La crise financière dans laquelle se trouve la ville de Saint-Jean sera-t-elle la bougie d’allumage pour une véritable réforme municipale du genre dont il est constamment question au Nouveau-Brunswick, mais qui semble ne jamais se produire?

Il est certainement permis de le penser.

La ville portuaire a clairement l’oreille attentive du gouvernement et le fait que près de la moitié des membres du cabinet proviennent de cette région n’y est certainement pas étranger.

Le monde municipal a vécu plusieurs changements durant la dernière décennie. Le gouvernement de David Alward a créé les commissions de services régionaux en 2013 pour faciliter la collaboration et le partage des ressources entre les municipalités. Celui de Brian Gallant a remplacé les principales lois sur la gouvernance locale vieilles d’un demi-siècle pour donner plus de pouvoir et de liberté aux villes et aux villages.

Malgré ces changements structurants, les municipalités continuent d’être aux prises avec les mêmes problèmes financiers et rien ne semble bouger.

Le gouvernement de Blaine Higgs a présenté cette semaine un plan d’action large et ambitieux pour essayer de sauver Saint-Jean de la crise. Les mesures qu’il contient dépassent toutefois largement les limites de la ville, ce que n’ont pas manqué de souligner les associations municipales qui n’ont pas participé à son élaboration.

Si les progressistes-conservateurs sont sérieux dans leurs intentions, beaucoup de choses pourraient changer dans le monde municipal. Le nerf de la guerre demeure toutefois l’argent.

Le ministre de l’Environnement et des Gouvernements locaux, Jeff Carr, a déjà indiqué que le but n’était pas de taxer les gens davantage. La province n’a pas non plus l’air très chaude à l’idée de partager une plus grande part de ses revenus avec les municipalités.

Il ne reste donc plus pour l’essentiel que la régionalisation des services et le contrôle de la masse salariale si les municipalités veulent à tout prix éviter de couper dans les services. C’est très peu lorsque l’on considère l’ampleur du défi.