Un homme a marché les routes de la Palestine il y a 2000 ans en proclamant un message d’amour. La plupart reconnaissent en lui un grand prophète. Les chrétiens croient qu’Il était Fils de Dieu. Peu importe les croyances, le degré d’attachement à Jésus ou à son Église, la plupart se reconnaissent dans l’idéal de ce prêcheur itinérant.

Partout où il passait, Jésus parlait d’amour et de l’accueil face à ce qu’il y a de plus faible autour de nous et en nous. Il était un homme en marche. Littéralement parlant. Mais aussi dans son discours et ses interprétations de la loi d’Israël: il était en mouvement et provoquait un déplacement dans les manières de voir.

Le Christ a passé toute sa vie sur les routes. En cherchant constamment un lieu pour reposer sa tête. Il était encore dans le sein de sa mère lorsqu’il a pris la route pour la première fois. Il a traversé les montagnes de Judée pour aller à la rencontre de son cousin Jean et sa tante Élisabeth.

Il est venu au monde alors que sa famille était en déplacement pour un recensement. Peu de jours après sa naissance, il a dû fuir son pays pour échapper à la colère de l’empereur. Il s’inscrivait alors dans le cortège interminable des migrants en quête d’une terre hospitalière.

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Entre sa Galilée verdoyante et la Judée, il traverse la Samarie en passant de village en village. Il s’arrête rarement. Il refuse de s’installer pour rester longtemps dans un endroit. Il ne veut pas être d’un seul lieu; il veut être de partout. Lorsqu’il accepte l’hospitalité, il console les gens de la maison en retour. Il les instruit. Sa simple présence guérit et libère des gens du tourment et de la peur.

Il marche sur les routes et les gens se mettent à le suivre. Pour vivre avec lui, il faut voyager léger. Se contenter de l’essentiel. Ne pas s’encombrer et traîner ce qui a pu être nécessaire auparavant: demain se chargera de lui-même. Regarder en arrière ralentit le pas. On risque aussi de tomber lorsqu’on ne regarde pas ce qui est devant soi. Lors de nos moments de passage, nous fixons trop souvent nos regards sur ce qui est en arrière, sur ce que l’on perd. Pendant ce temps, nous oublions ce qui est devant, ce qui nous est donné et que l’on a gagné.

Chemin faisant, il parle de ce qui est essentiel. Se laissant inspirer par les abords de la route, il présente le Royaume comme une vigne cultivée et protégée par un vigneron attentif. Voyant des pêcheurs sur le lac, il parle du Royaume comme une pêche qui ramène toutes sortes de poissons. Il prêche la bienveillance de Dieu en regardant les oiseaux du ciel et les fleurs des champs.

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Il aime rencontrer les gens qui, comme lui, sont en route. Il y a moins de connivence entre Lui et les gens installés. Ceux qui demeurent dans leur temple et qui ne veulent plus en sortir. Ceux qui se croient en sécurité dans leurs pensées figées et qui pourtant, tremblent derrière leurs étendards. Ceux qui sont immobiles dans leur foi, leur incroyance, leurs jugements. Le Christ aime les gens en marche, en recherche. Il se retrouve en eux. Ses appels trouvent un écho en eux.

Il va vers les gens de la route et ils viennent à lui. L’aveugle marche à sa rencontre pour être guéri. La Samaritaine qui a peiné pour se rendre au puits à l’heure du midi dialogue avec lui. Jésus est en marche vers Jéricho lorsqu’il interpelle Zachée. Le chemin qu’Il fait faire aux deux disciples découragés est plus grand que celui qui va de Jérusalem à Emmaüs.

Il est plus facile de montrer le chemin à quelqu’un qui est en route. À quelqu’un qui cherche sa voie. Jésus pointe une direction que plusieurs ignorent. Il veut que les gens aillent vers les autres. Et vers eux-mêmes. En parcourant ce chemin, ils pourront rencontrer Dieu.

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Jésus est l’homme en marche. C’est ainsi qu’il était chez lui à son époque. C’est ainsi qu’il se présente à nous en ces jours d’été. Nous pouvons le rencontrer dans cet étranger qui ose demander un service. Dans ce malade qui, de sa chambre d’hôpital, nous fait voyager plus que quiconque. Dans cet enfant qui veut nous entraîner sur un chemin nouveau.

L’été, c’est une invitation à prendre la route. Une occasion d’aller ailleurs. Pour cela, il n’est pas nécessaire de faire de longues distances. L’homme de Nazareth n’a jamais quitté la Palestine, mais il a voyagé plus que n’importe qui.

La belle saison, c’est le temps se rapprocher de l’essentiel. Le temps des vacances, ce n’est pas pour tout arrêter. C’est pour prendre la route. Autrement: sans bruit, sans fracas, sans inquiétudes. Sans autre désir que de vouloir marcher humblement sur la route qui est la sienne.