La plume d’aigle, et après?

Le gouvernement de Blaine Higgs a marqué un très bon coup cette semaine en annonçant officiellement que les autochtones pourront dorénavant prêter serment sur une plume d’aigle dans les tribunaux de la province.

Avec la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick fait office de pionnier au pays avec cette initiative. La plume d’aigle est un objet sacré chez les autochtones alors que la bible, qui est utilisée le plus souvent  pour les serments, peut ne pas signifier grand-chose pour eux ou même rappeler de graves traumatismes aux survivants des pensionnats autochtones.

Cette initiative, une idée du ministre des Affaires autochtones, Jake Stewart, n’a vraiment que du bon. Elle n’enlève rien à personne, ne nuit absolument pas au bon fonctionnement des tribunaux  et est loin de coûter des millions. C’est à se demander pourquoi on ne l’a pas fait plus tôt.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, n’a pas manqué de souligner lors d’une cérémonie à Fredericton que cette initiative était un pas important vers la réconciliation. Le reste du chemin est toutefois jalonné d’obstacles pour le gouvernement Higgs.

Les progressistes-conservateurs ont déjà reçu plusieurs points de démérite pour avoir mis la table pour la levée du moratoire sur la fracturation hydraulique dans la région de Sussex sans avoir d’abord consulté les Premières Nations. Le projet de la mine Sisson, au nord-est de Fredericton, est aussi un dossier contentieux avec les autochtones, sans compter le fameux oléoduc ouest-est si cher aux yeux du premier ministre Higgs. Les revendications territoriales autochtones – qui ne font que débuter au Nouveau-Brunswick – ne manqueront pas non plus de susciter les tensions.

L’introduction de la plume d’aigle dans notre système de justice est vraiment un geste important, mais au-delà du défi logistique et réglementaire, il s’agit d’une initiative plutôt facile qui n’a pas nécessité de véritable sacrifice. Si le gouvernement Higgs tient sérieusement à la réconciliation avec les Premières Nations, les prochaines étapes ne seront assurément pas si faciles.