Encore et toujours

C’est l’été, les écoles sont fermées, les enseignants en vacances, alors pourquoi parler de l’Article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés qui est censé protéger notre droit à l’enseignement dans notre langue? Tout simplement parce qu’une cause importante se prépare à la Cour suprême du Canada à la rentrée et que nous avons intérêt à y prêter attention.

Le Conseil scolaire francophone et la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique allèguent que leur province sous-finance les infrastructures scolaires et le transport des élèves depuis des années et que cela va directement à l’encontre de l’article 23. Déboutés deux fois par des cours inférieurs, les francophones de la Colombie-Britannique s’en remettent donc à la plus haute cour du pays.

Vous aurez compris que cette cause nous touche où que nous vivions au pays. Les organisations francophones et acadiennes clament haut et fort, depuis longtemps, que leurs provinces sous-financent leurs institutions d’enseignement. Je m’en suis même fait l’écho dans le cas de Terre-Neuve-et-Labrador.

Ne soyons pas naïfs, cette cause inquiète tout autant nos gouvernements provinciaux. D’ailleurs, nos quatre provinces atlantiques prendront part à l’appel. Je parie que ce n’est pas pour donner raison à nos amis de la Colombie-Britannique, mais bien pour argumenter qu’elles font le maximum pour aider leur minorité et pour s’assurer que la cause soit rejetée par la Cour suprême.

Plus inquiétant encore, il y a la position du Nouveau-Brunswick, seule province bilingue du pays (faut-il le rappeler?), qui refuse d’indiquer de quel côté elle entend plaider.

Devant ce qui semble bien être une levée de boucliers de nos gouvernements contre nos intérêts, j’applaudis la décision de la SNAB, de la Fédération des conseils scolaires francophones, de l’Association des juristes d’expression française et de l’Association des enseignants et enseignantes francophones du Nouveau-Brunswick de demander à être entendues dans cette affaire. Espérons que la Cour suprême le leur permettra.

À la mi-septembre, une fois que le gouvernement du Nouveau-Brunswick aura soumis son mémoire à la cour, on saura de quel côté penche la province et on prendra alors la pleine mesure de ce qui nous attend. Comme quoi, toujours sur le métier, il faut remettre son ouvrage!