Once Upon a Time in Hollywood: un Tarantino pur et dur

Au cours des 30 dernières années, Quentin Tarantino s’est forgé un style bien à lui, majoritairement influencé par une «ironisation» du cinéma pulp noir des années 1960 et 1970. La neuvième oeuvre en carrière du cinéaste, Once Upon a Time in Hollywood (en salle depuis le 26 juillet) ne déroge pas à la règle.

Quentin Tarantino ne laisse pratiquement personne indifférent. Beaucoup aiment son travail, autant le détestent.

Depuis le début de sa carrière, l’Américain s’est bâti une réputation de cinéaste intransigeant et atypique, avec qui les comédiens adorent travailler.

Parce qu’un film de Tarantino, c’est loin d’être du prédigéré qu’on avale en pensant à autre chose.

Son oeuvre (voir tableau) est extrêmement dense et le lancement de chacun de ses films est un événement en soit.

À preuve, un sondage mené par la firme PostTrack a permis de déterminer qu’un cinéphile sur deux qui avait vu Once Upon a Time in Hollywood l’avait fait en raison de Tarantino. Selon la même firme, habituellement, seulement 7% des amateurs de cinéma basent leur choix sur l’identité du réalisateur.

Le cinéaste a donc de nombreux fidèles, la plupart le vénérant depuis la sortie de Reservoir Dog et de Pulp Fiction, il y déjà plus de 25 ans.

Et ce neuvième opus, est-il à la hauteur des énormes attentes qui sont chaque fois placées en le réalisateur?

Personnellement, Once Upon a Time in Hollywood m’a un peu laissé sur ma faim: compte tenu de sa longueur, il est étrangement dépourvu de substance.

Mais si vous êtes de ceux qui raffolé du style Tarantino, vous ne serez certainement pas déçu.

Il était une fois…

Rick Dalton (Leonardo DiCaprio) est un vétéran comédien qui fait carrière en interprétant des vilains à la télévision.

Rick s’inquiète toutefois d’être à jamais cloîtré dans ce rôle et ses craintes sont le sujet de nombreuses discussions avec son bon ami et doublure Cliff Booth (Brad Pitt).

Alors que les deux hommes gravitent dans le Hollywood de la fin des années 1960, ils vont se retrouver sur la route de la «famille» du célèbre tueur Charles Manson.

La famille Manson

Il n’y a que Tarantino pour tourner un film sur Charles Manson sans le montrer (ou si peu) à l’écran…

On y voit toutefois beaucoup Sharon Tate (Margot Robbie), une comédienne qui a réellement existée et qui a été assassinée par un groupe de disciples de Manson, en août 1969, à Los Angeles.

Dans le film, Dalton est le voisin de Tate (et de son mari, le grand réalisateur devenu paria Roman Polanski).

Pour bien apprécier le film, il faut connaître l’histoire de Tate. Sinon, la montée dramatique vous passera cent pieds par-dessus la tête.
Formidable reconstitution

Je dis que Once Upon a Time in Hollywood est un film sur Charles Manson, mais c’est aussi et surtout un prétexte pour s’immerger dans le Los Angeles de la fin des années 1960.

Drogues, amour libre, diners, fêtes somptueuses, ranchs, mini-jupes, grosses décapotables américaines… tout y est, dans le décor unique qu’est celui du canyon Laurel.

Le travail de reconstitution est exceptionnel. Tout, dans ses moindres détails, rappelle l’époque du Peace and Love.

Le problème, c’est que l’ami Quentin pêche encore une fois par vanité et a alourdi son oeuvre de scènes totalement inutiles.

Le rythme du film – déjà très long à 161 minutes – s’en ressent donc énormément.

L’humour noir

Même si Tarantino fait parfois passer son ego avant l’intrigue, personne ne peut lui reprocher d’avoir un talent presque unique au monde: il parvient à nous faire rire de trucs qui ne sont pas drôles du tout.

Avoir le prince sans-rire Pitt au générique aide énormément, mais le réalisateur a le don de faire virer n’importe quelle scène au burlesque.

La dernière demi-heure du film – extrêmement violente – en est un bon exemple. D’autres moments sont également mémorables (la «bagarre» entre Booth et Bruce Lee risque notamment de devenir un classique).

Au final, Once Upon a Time in Hollywood est un Tarantino pur et dur. Son humour noir est parfaitement huilé, mais pour l’apprécier, il faut savoir passer outre les longueurs causées par plusieurs dialogues et scènes qui auraient pu être coupés au montage.