Hobbs & Shaw: moins de voitures, plus de sentiments

La série de films Fast & Furious est un véritable phénomène culturel. On peut regarder du côté des nombreuses voitures modifiées qui roulent sur nos routes pour s’en convaincre. Le fait que les huit premiers films de la franchise aient généré des recettes mondiales de 5 milliards $ est aussi un bon indicateur. Ce n’était donc qu’une question de temps avant qu’un film dérivé (spin off) débarque sur les écrans.

Le film en question s’intitule Fast & Furious Presents: Hobbs & Shaw et met en vedette deux personnages qui ont fait leur arrivée sur le tard au sein de l’équipe de casse-cous dirigée par Dominic Toretto (Vin Diesel).

Luke Hobbs est interprété par l’ancien lutteur Dwayne Johnson. Il a fait ses débuts au sein de la franchise en 2011 dans Fast Five. Johnson interprétait alors un agent fédéral aux trousses de la bande de Toretto.

Deckard Shaw est lui aussi un ancien ennemi reconverti en allié. Il est interprété par Jason Statham depuis Furious 7.

Si vous avez vu les épisodes précédents, vous savez que nos deux lascars ne pourraient pas être plus différents, ce qui crée, disons, un très grand froid entre eux.

En fait, il serait plus véridique de dire qu’ils se détestent à mort.

Sauf que quand un dangereux virus menace d’éradiquer une importante partie de la population et que la mignonne soeur de Shaw se retrouvera en danger de mort, nos deux hommes n’auront d’autres choix que de travailler ensemble.

S’en suivent près de deux longues heures de courses effrénées, de cascades impressionnantes et… de bons sentiments.

Parce que s’il est une chose qui différencie ce neuvième chapitre des huit précédents, c’est sa propension à forcer ses héros à l’introspection et à les confronter avec leur douloureux passé.

C’est parfois mielleux et ça manque presque toujours de subtilité, mais je salue l’effort des scénaristes de vouloir instiller une petite dose d’humanité dans une série qui carbure depuis presque 20 ans à la testostérone seule.

Les cascades et les poursuites en voiture sont aussi moins nombreuses dans ce nouvel opus.

Doit-on y voir une franchise qui murit ou un simple accident de parcours?

Le dixième épisode, qui sera lancé en mai et qui marquera le retour à l’écran de l’équipe de Toretto, devrait nous fournir la réponse à cette question.

Hobbs et Shaw

Si on fait abstraction des cascades et des effets spéciaux, l’entièreté du film repose sur la relation entre Hobbs et Shaw.
Johnson commence à être à l’aise dans le rôle du gros bagarreur cool au grand coeur (il faut dire qu’il n’a jamais joué autre chose au cinéma…).

Même chose pour Statham, dans la peau de l’Anglais raffiné, mais un peu coincé, qui sait se défendre avec ses poings.

Ici, nos deux héros passent le film à s’envoyer promener, chacun tentant de faire preuve de plus d’imagination que l’autre dans ses insultes.

C’est drôle pendant dix minutes. Après deux heures de salves à répétition, on commence à avoir l’impression d’assister à une mauvaise comédie romantique où les deux personnages principaux ne peuvent pas se sentir jusqu’au moment où ils tombent amoureux… Leur relation est à ce point ridicule.

Il ne faut pas être un grand devin pour anticiper que Hobbs et Shaw vont parvenir à leurs fins quand ils vont accepter de travailler ensemble (et d’enfin cesser de nous ennuyer avec leurs rafales d’insultes).

Science-fiction

Personne ne va toutefois voir un film de la saga Fast & Furious pour voir deux adultes agir comme des gamins de 9 ans ou pour les entendre geindre sur leurs erreurs du passé.

La franchise s’est bâtie sur ses scènes d’action, ses cascades et ses effets spéciaux et, encore une fois, elle livre la marchandise.

Certaines scènes sont extrêmement spectaculaires et excitantes. Mais elles ont toutes une chose en commun: elles font fi des lois de la physique.

C’est par moment hilarant de voir les couleuvres que le cinéaste David Leitch essaie de nous faire avaler. Tout ça au profit d’une bonne prise de vue.

À moins que Hobbs soit un robot venu du futur, parce qu’avouez qu’il faut une force surhumaine pour parvenir à rester en un seul morceau quand on tient une chaîne au bout de laquelle il y a un hélicoptère militaire en vol et, à l’autre extrémité, une remorqueuse en mouvement…

Mais bon, quand chaque nouveau film de la franchise doit être plus spectaculaire que le précédent, à quoi bon s’arrêter à de simples détails comme la réalité, le bon sens et la science…