Quelqu’un devra payer

La saga des déboires financiers de la Ville de Saint-Jean s’est poursuivie cette semaine avec le passage devant un comité de l’Assemblée législative d’à peu près tout le monde impliqué de près ou de loin dans l’entente de financement conclu l’an dernier entre le précédent gouvernement et la municipalité.

Le témoignage le plus intéressant a été sans nul doute celui de l’ancien premier ministre Brian Gallant. Sans surprise, M. Gallant a défendu son bilan et celui de son administration contre les reproches de la vérificatrice générale qui avait qualifié l’entente de «précipitée» et d’«excessivement risquée».

Ce qui était plus digne d’intérêt dans son témoignage, c’est ce qu’il a raconté au sujet des solutions qu’il était prêt à envisager au-delà de l’entente pour aider Saint-Jean à long terme.

«Je pense que ce n’est un secret pour personne que les gens des collectivités avoisinantes travaillent dans la ville et y gagnent leur argent puis retournent dans leurs collectivités où ils payent leurs impôts fonciers, ce qui laisse Saint-Jean avec de véritables problèmes structuraux», a-t-il dit. «On aurait pu envisager une forme d’imposition des banlieues pour aider la Ville de Saint-Jean.»

Les libéraux auraient-ils vraiment été jusque-là s’ils avaient été réélus pour un deuxième mandat? Difficile à dire. Une mesure comme celle-là susciterait à coup sûr la colère des banlieusards de Rothesay et Quispamsis. Et que dire des autres grandes villes qui pourraient vouloir elles aussi commencer à collecter des revenus en provenance de leurs banlieues?

Brian Gallant a lui-même constaté que sa proposition était risquée politiquement lorsqu’il a admis qu’il pouvait «parler beaucoup plus librement» maintenant qu’il était «en voie de quitter la politique».

Sa réponse a au moins eu le mérite de rappeler que quelqu’un devra finir par payer dans cette affaire, que ce soit les banlieusards, les grandes industries, les employés municipaux, les contribuables saint-jeannois ou ceux de la province en général. La situation financière de la ville portuaire ne se règlera pas en criant ciseau.