Les voyages, la course et l’Acadie de Geneviève

République tchèque, Écosse, Inde, Jordanie, Chine, Danemark, Angleterre, Belgique, Finlande, Australie, France, Mexique, Espagne,Trinité-et-Tobago, Pérou, Taïwan, Brésil, États-Unis et Canada.

Elle voyage beaucoup et souvent Geneviève Lalonde. Elle a jusqu’ici couru dans 19 pays et ça ne devrait pas trop tarder avant qu’elle franchisse le cap de la vingtaine. Elle a aussi couru dans toutes sortes de distances et pas seulement le steeple ou encore le cross-country.

Et cette belle feuille de route, je tiens à le préciser, elle le doit au sport.

Le sport possède ce magnifique pouvoir de faire voyager.

Tenez, le week-end dernier notre Geneviève nationale était à Lima, au Pérou, pour les Jeux panaméricains.

Elle y a non seulement remporté l’or au 3000m steeple, mais elle s’est aussi permise de battre le record de cette compétition. Ce n’est pas rien. Un massacre pour tout vous dire grâce à un chrono de 9min41s45. L’ancienne marque appartenait à une fille qu’elle a déjà croisée sur la piste, l’Américaine Ashley Higginson. Cette dernière avait enregistré un chrono de 9min48s12 en 2015 à Toronto. Geneviève s’en souvient fort bien, elle a terminé la même course sur la troisième marche du podium.

Ce matin, je lui ai fait remarquer que son année 2019 a été jusqu’ici d’une intensité incroyable. Mais où et donc car ni or, Geneviève?

Juste à l’extérieur de l’Amérique du Nord, on l’a vu avec ses espadrilles aux Mondiaux de cross-country à Aarhus, au Danemark (mars), à une épreuve de la Ligue diamant à Shanghaï, en Chine (mai), au Défi mondial de Nanjing, toujours en Chine (mai), au Rendez-Vous international de Liège, en Belgique (juillet), et bien sûr à Lima, au Pérou, il y a quelques jours.

J’ai même été jusqu’à lui dire que c’était possiblement sa plus grosse année en carrière. Là-dessus, sans nécessairement dire que j’ai tort, elle met un bémol.

«2019 a certainement été un très bon chapitre jusqu’à présent. Je n’ai peut-être pas eu une année de ce niveau dans le passé, mais il y a toujours des années plus chargées que d’autres», m’a-t-elle confié.

«Je profite de toutes les opportunités qui me sont offertes. Je vis de belles histoires et de grandes expériences.»

Savez-vous quoi? 2019 est loin d’être terminée pour elle.

Dimanche, Geneviève sera à Birmingham, en Angleterre, pour une autre épreuve de la Ligue diamant. L’Acadienne de Moncton sera bien sûr sur la ligne de départ du 3000m steeple. Et si je ne m’abuse, il s’agira de sa sixième participation à une épreuve de la Ligue diamant en carrière. La première ayant été celle de New York en 2015.

Déterminé à en savoir encore plus à son sujet, je lui ai demandé si c’était important dans le développement d’une (ou un) athlète d’être confrontée à l’élite mondiale. Sa réponse m’a un brin surpris. Avec franchise, sans flafla, elle m’a rétorqué qu’il n’était absolument pas nécessaire pour une jeune athlète de se mesurer aux meilleurs pour se développer. En d’autres mots, ce qu’elle m’a dit c’est qu’il faut d’abord apprendre son métier avant d’aller se frotter à l’élite mondiale. Bref, une carrière est une longue aventure qui consiste à progresser sans rien précipiter, surtout en jeune âge.

«En fait, ce genre de course (Ligue diamant) est seulement bonne pour des athlètes élites qui sont en préparation à des événements plus grands comme les Championnats mondiaux qui auront lieu en octobre. Dans une saison, nous avons seulement quelques occasions de courir très vite et les épreuves de la Ligue diamant offrent cette opportunité», m’a-t-elle raconté.

«J’ai très hâte à dimanche parce que si l’occasion se présente je vais essayer de battre mon record canadien», a-t-elle ajouté.

Son record, faut-il le rappeler, est de 9min29s82. Ç’a eu lieu à Shanghaï en mai. Je vous dis ça comme ça.

J’ai également profité de l’occasion pour lui dire que ça fait pas mal de 15 août qu’elle rate ces dernières années en raison de l’athlétisme.

Déjà, l’Acadienne a été privée des célébrations de notre fête nationale en 2017 (Mondiaux à Londres), en 2016 (Jeux olympiques à Rio de Janeiro), en 2013 (Jeux du Canada à Sherbrooke) et en 2011 (Universiades à Shenzhen).

Et ce sera encore le cas cette année puisqu’elle part demain pour l’Angleterre.

Elle m’a avoué que ça lui fait quelque chose chaque fois.

«L’Acadie me manque vraiment beaucoup ces jours-ci. Quand tu es ailleurs, tu te sens loin de tes amis et de ta famille, particulièrement le 15 août. Tu te sens alors très solitaire. Ce que je fais dans ce cas-là, c’est écouter de la musique acadienne», m’a-t-elle révélé.

«Heille, hier soir, j’ai même eu la chance de manger du fricot», m’a-t-elle lancé en riant.

«En fait, chaque 15 août, je pense à la fois où je pourrai enfin participer à un Grand Tintamarre comme celui de Caraquet», reprend-t-elle soudainement plus sérieuse.

Mais avec Geneviève, ça ne reste jamais trop longtemps sérieux. C’est comme ça quand on aime la vie. Elle termine d’ailleurs l’entretien en me racontant une anecdote. L’histoire est très récente en plus. Ça sort du four.

«À Lima, j’étais avec ma bonne amie Jessica O’Connell. Jessica est de Calgary, mais sa mère est Acadienne. Et tout en jasant, nous avons fini par nous échanger des histoires sur les traditions acadiennes. Et bien sûr, on en a profité pour parler en chiac!», complète Geneviève en riant.

En passant, pour ceux et celles qui veulent voir à tout prix Geneviève courir ce dimanche, vous pouvez le faire gratuitement en streaming (watchathletics.com/schedule/watchlive/4307).

Les autres épreuves du week-end

La fin de semaine sera également marquée par un événement de grande importance pour nos triathlètes, soit le Ironman de Mont-Tremblant. Plus d’une trentaine, dont les professionnels Cédric Boily, de Moncton, et Lee Roy, de Bathurst, seront de la partie.

Ç’a lieu dimanche et ça promet d’être fort intéressant avec Boily, Roy, Martin Larose, d’Oromocto, et Troy Allaby, de Upham, qui ont tous d’excellentes chances de terminer dans le top-40.

Parmi les autres triathlètes de la province qui seront présents, notons Marc Aucoin et Marc Arseneau, de Bathurst, Pierrette Mathieu et Pascal Dugas, de Dieppe, Stéphane McGraw, de Tracadie, Benoit Desjardins, de Saint-Quentin, Claude Beaulieu, d’Edmundston, Mitchell Cormier, de Grand-Barachois, Reg Bourcier, de Mazerolle Settlement, Michel Boudreau, de Hampton, Tony LeBlanc, de Moncton, Laura Richard, Brad Rideout, Caroline Collyer, Scott Garinther, Mitchell Krafczek et Jennifer Spinbey, de Fredericton, Nathalie Neville, de Charters Settlement, Sarah Blanchard, Elizabeth Seamans, Andrew Thompson, Trevor Gamblin, Tim Lowery et Pamela Quinn, de Quispamsis, Erin Whitman, de Maugerville, Shelley Wood, de Saint-Jean, Myles Darrow et Caleb Darrow, de Northampton

Les coureurs sur route ne sont pas en reste puisque dimanche, il y aura aussi le Mile de Miramichi (départ à 9h, General Manson Way à Chatham) et le 5 km Run for Renee du mois d’août (départ 10, au coin de Gondola Point Road et Vincent Road).