47 Meters Down: Uncaged: sauvé par sa fin

Qu’est-ce qu’on obtient quand on croise deux classiques de l’horreur comme Jaws (1975) et The Descent (2005), sans que le rejeton soit la hauteur de l’exceptionnel bagage générique de ses deux parents? Un film comme 47 Meters Down: Uncaged (en salle depuis vendredi).

Le réalisateur britannique Johannes Roberts semble trouver un malin plaisir à tourner des films d’horreur dans lesquels de jeunes femmes se retrouvent coincées, avec des réserves d’oxygène limitées, dans des eaux mexicaines qui fourmillent de requins.

Il y a deux ans, il nous avait donné le très potable 47 Meters Down, avec Mandy Moore et Claire Holt.

Ce mois-ci, il récidive avec le deuxième volet de cette saga: Uncaged.

Je précise que mis à part les requins affamés et le Mexique, ces deux histoires n’ont rien en commun.

Uncaged met effectivement en scène une distribution complètement renouvelée.

C’est la Franco-Ontarienne Sophie Nélisse qui tient le rôle principal. Nélisse, que l’on a pu voir au cinéma québécois dans Monsieur Lazhar (2011) et 1:54 (2016) roule tranquillement sa bosse à Hollywood.

La jeune femme âgée de 19 ans a en effet fait ses premiers pas au cinéma américain dans The Book Thief en 2013. Elle donnera la réplique à Heather Graham dans The Rest of Us plus tard cette année et jouera bientôt aux côtés d’Adam Brody (l’ancienne vedette de The O.C.) dans The Kid Detective.

Le reste de la distribution de Uncaged comprend aussi Corinne Foxx (la fille du brillant Jamie Foxx) et Sistine Rose Stallone (fille de l’immortel Sylvester, alias Rocky).

Le trio se débrouille plutôt bien. Par contre, le fait que le gros de l’action se déroule sous l’eau fait en sorte que nos héroïnes portent un masque de plongée, ce qui nous empêche d’évaluer leur véritable potentiel.

Dans les ruines

Mia (Nélisse), Sasha (Foxx), Nicole (Stallone) et Alexa (Brianne Tju) sont quatre amies qui fréquentent la même école secondaire, dans l’État du Yucatan.

Un jour, elles décident d’aller se baigner dans un magnifique lagon, coupé de la civilisation.

Sur place, ils découvrent de l’équipement de plongée qui appartient aux employés du père de Mia.

Celui-ci est en effet archéologue et son travail consiste à cartographier les ruines d’une cité maya aujourd’hui submergée.

Ne pouvant résister à la tentation, les quatre jeunes filles enfilent l’équipement et plongent contempler les ruines.

Par maladresse, une des plongeuses fait basculer une colonne de pierre, ce qui fait écrouler leur voie vers la sortie.

Le quatuor se retrouve donc coincé, avec des réserves d’oxygène limitées. La situation tourne au cauchemar quand les adolescentes réalisent que des requins arpentent les couloirs de la cité…

Trop peu de requins

Contrairement à ce que la bande-annonce du film laissait présager, Uncaged est beaucoup plus un film de plongée qu’un film de requins.

Les victimes potentielles n’étant que quatre, le cinéaste Roberts ne peut pas se permettre de transformer tout son monde en chaire à squale.

Il fait donc durer le suspense et, franchement, les apparitions de requins sont beaucoup trop rares – même si une d’entre elles, que je n’avais pas pu prédire, m’a procuré une des belles frousses de ma carrière de cinéphile…

En fait, on sent que Roberts a davantage voulu emprunter à The Descent qu’à Jaws, dans le sens où le gros du suspense de son film repose sur la claustrophobie que procurent les cavernes de la cité et la menace constante que constitue l’éventuel manque d’oxygène.

Tout ça n’est pas aussi bien filmé que dans The Descent, de sorte que les réels moments de tension ne sont pas très nombreux, surtout en comparaison avec l’angoissant Crawl, lancé plutôt cet été.

Je lève mon chapeau à Roberts d’avoir filmé une oeuvre sous-marine dans des cavernes. La logistique a dû être colossale. Le hic, c’est que l’éclairage est médiocre et on doit parfois deviner ce qui se déroule sous nos yeux à défaut de le voir…

Tout change toutefois dans les dix dernières minutes. Ce serait criminel de trop en dévoiler, mais disons que la luminosité devient meilleure et les requins plus nombreux et plus affamés.

On a alors droit à une succession de brillantes scènes qui n’ont rien à envier aux classiques du genre. Cette finale, dans laquelle le courage de nos héroïnes est enfin assumé, vaut amplement le prix d’entrée!