Le nouveau grand défi de Daniel LeGresley

C’est plus fort que moi.

Quand les organisateurs d’une compétition, comme le SwissPeaks 360 par exemple, ont le culot de dire que leur épreuve est déjà mythique après une seule édition, j’ai aussitôt tendance à penser qu’ils pètent plus haut que le trou.

Ils sont souvent comme ça les organisateurs. Ils ne sont pas méchants, mais ils aiment en beurrer épais.

Tenez, c’est comme si je vous disais que mes oreilles sont les plus belles oreilles de l’histoire, n’en déplaise à mes semblables qui sont je crois 7,7 millards, ainsi que tous ceux et celles qui ont foulé la planète bleue depuis le premier homo habilis il y a 2,5 millions d’années.

J’ai même embauché Phil, le personnage d’Alexis Martin dans Les Boys: «Les gars, pensez M-A-R-K-K Ketting».

Mais trève de plaisanterie, il se peut quand même que les organisateurs du SwissPeaks 360 aient raison.

D’ailleurs, pour m’en assurer, j’ai pensé poser la question à Daniel LeGresley, notre Tintin de Néguac. Daniel deviendra la semaine prochaine le premier Acadien à prendre part à cette épreuve de fou d’une durée de sept jours qui consiste à courir dans les sentiers sauvages des montagnes dans les Alpes.

«Absolument! C’est clair que ce sera la plus difficile que j’aurai jamais fait. Écoute, on parle d’une course de 360 kilomètres avec un dénivelé positif de 25 km. Et quand tu as une montée de 25 km, ça veut aussi dire que tu as une descente de 25 km. C’est difficile de courir en montant, mais ça l’est tout autant en descendant. Particulièrement pour les jambes et les pieds», s’est exclamé Daniel sur un ton à donner le vertige.

Selon lui, il faudra aussi tenir compte des multiples conditions météorologiques qui ne manqueront pas de se pointer le bout du nez au fil des jours.

«Il faut s’attendre à tout dans ces montagnes à ce temps-ci de l’année. Et heureusement, je suis équipé pour tout dans mon petit sac», confie-t-il.

Pour Daniel, le secret dans une telle course est de savoir gérer.

Gérer quoi?

Gérer tout. Le sommeil, la nutrition, les vêtements, les pieds, tout.

J’écoute Daniel et je commence à avoir mal. Je lui repose donc une question qu’il a déjà entendu 1000 fois.

– Mais pourquoi recherches-tu autant la souffrance dans la pratique du sport?

Gros silence de trois ou quatre secondes à l’autre bout du fil. C’est long un silence de trois ou quatre secondes au téléphone.

«Je ne cherche pas à souffrir, qu’il finit par répondre. D’ailleurs, je n’ai jamais vu ces courses comme de la souffrance. De toute façon, la douleur s’apprivoise. Ça fait mal sur le coup, mais ce n’est pas permanent. Moi, ce que je recherche, ce sont des défis. Il y a une fierté à réaliser des défis.»

Comme il l’avait fait il y a un an lors du Moab 240, Daniel sera accompagné de sa bonne amie Emmanuelle Dudon.

Selon lui, être accompagné n’est aucunement un luxe dans ce genre d’épreuve.

«Si je gère tout comme il faut, il y a de bonnes chances que je parviens à compléter les 360 km. Et pour réussir, je dirais que ça se passe 70% dans ta tête. C’est pourquoi c’est si important de rester positif. Personnellement, je refuse de penser à la totalité de cette course. Il ne faut surtout pas laisser ta tête te parler. Il faut éviter de la laisser dire à ton corps de ralentir, ou même d’arrêter», affirme-t-il.

C’est là, si nécessaire, qu’Emmanuelle aura un rôle de motivatrice à jouer. Et Daniel lui rendra la pareille si jamais son amie en a besoin.

«La tête ce n’est pas nous. C’est une partie de nous», indique le coureur qui célébrera son 55e anniversaire de naissance en octobre.

– Es-tu confiant à 100% de la terminer cette course?

«Je suis en forme, mais la confiance est un gros mot. Je préfère me garder une bonne gêne. La seule chose que je peux te dire c’est que le SwissPeaks 360 est mon adversaire le plus redoutable jusqu’ici. Parce qu’encore et plus que jamais, je m’en vais m’attaquer à l’inconnu», révèle Daniel LeGresley.

Le départ du SwissPeaks 360, qui n’accepte que 275 participants par année, sera donné le dimanche 1er septembre sur le coup de 10h, heure locale, à Oberwald, le spectaculaire canton du Valais.

Épreuves à surveiller ce week-end

Par ailleurs, nos athlètes pourront aussi se dégourdir les jambes et les bras dans quelques compétitions ici et là dans la province.

À Paquetville, le village qui a vu naître Édith Butler et Jean-Yves Thériault vous suggère de prendre part au premier Paquetstock Détox, ce samedi.

Il s’agit d’épreuves de course à pied de 5 km, 4 km, 1 km et 100m et il faut se rendre à l’École communautaire Terre des Jeunes. Les départs seront donnés à 8h.

Toujours samedi, les triathlètes sont convoqués au Triathlon annuel de Sackville. Il est également possible de s’inscrire dans l’épreuve du duathlon. Vous devez vous rendre au 14 Church Street pour vous inscrire à compter de 7h.

Dimanche, les adeptes de course de longue distance pourront aller s’amuser au Ultra-marathon The Little River Reservoir de Saint-Jean.

Vous pouvez vous inscrire dans les épreuves de 52 km, 26 km et 10 km. Les départs auront lieu à 8h (52 km), 9h (26 km) et 10h (10 km).

Enfin, toujours dans la Ville portuaire ce dimanche, les spécialistes de lancers (marteau, javelot, poids, disque) auront une dernière occasion pour battre des records provinciaux, à l’occasion du Rendez-Vous de la fin de l’été.

Ç’a lieu au Stade des Jeux du Canada.