Les trois championnats du monde de Marc Arseneau

Dans le petit univers du triathlon, Marc Arseneau est réputé pour être un grand passionné. En fait, il faudrait plutôt dire qu’il est entiché à l’excès de son sport.

Écoutez, ce gars-là a déjà eu la drôle d’idée de réaliser (et compléter) deux Ironman en l’espace de sept jours en novembre 2017.

«Je sais que c’est complètement fou comme projet, mais ça, tout le monde le savait que je l’étais», m’avait même dit l’ami Marc à l’époque.

Mardi, je suis allé le rencontrer à Bathurst afin de discuter de ce qui l’attendait dans les prochaines semaines. Pendant plus d’une heure, nous avons abordé tellement de sujets que j’avais facilement du matériel pour écrire cinq textes. J’ai donc dû faire un tri dans tout ça. Rien ne dit toutefois que je ne me servirai pas du reste un jour.

Sachez d’abord que son nouveau projet consiste à participer en l’espace de six semaines à trois Championnats mondiaux: le Mondial du sprint à Lausanne en Suisse (ce week-end), le Mondial du demi-ironman à Nice en France (7 et 8 septembre), puis le Mondial du ironman à Kona à Hawaï (12 octobre). Tout ça après avoir participé au ironman de Mont-Tremblant le 18 août, où il a pris la deuxième place dans le groupe d’âge 50-54 ans.

Et si ça n’avait été que de lui, il aurait également pris part au demi-ironman de Cozumel (29 septembre) et au ironman de l’Arizona (24 novembre). Il s’est toutefois désisté en raison de son travail.

«C’est de loin ma période la plus occupée sur la scène internationale, m’a-t-il confié. Ç’a tellement été intense dans les dernières semaines avec mes partenaires d’entraînement Lee Roy et Marc Aucoin.»

Marc Aucoin et Marc Arseneau – Gracieuseté

S’il entend se présenter à Lausanne et Nice avec l’idée de s’amuser, il prend cependant le Mondial de Kona avec nettement plus de sérieux.

«Je vise un top-10 dans mon groupe âge et je crois que je peux y arriver. Toute l’élite mondiale y sera, dont l’ancien champion du monde de cyclisme Laurent Jalabert (5e l’an dernier). J’aimerais bien le talonner au vélo», m’a-t-il lancé en riant.

Marc, qui a déjà complété 18 ironman au total, m’avoue avoir toujours des frissons à chaque compétition comme au premier jour.

«Pour moi, un ironman c’est comme aller visiter Disneyland. Je me sens comme un enfant. D’ailleurs, si tu regardes les photos où je suis dans un ironman, tu me verras toujours avec un gros sourire dans le visage. Je suis fier juste d’être là», dit-il.

Pendant la conversation, j’ai voulu savoir comment il parvenait à gérer sa vie, c’est-à-dire son travail, sa famille et son sport dans lequel il figure parmi les meilleurs au monde chez les triathlètes de 50 à 54 ans.

Il me dit alors que sa rencontre avec Wayne Gretzky en 2006 a complètement transformé sa façon de voir les choses. Une rencontre qu’il n’oubliera jamais d’ailleurs.

«Avant 2006, j’étais quelqu’un de très nerveux et de terriblement insécure. Par exemple, si je voyais quelqu’un qui semblait en meilleure condition physique ou encore qui était plus musclé que moi, je me disais aussitôt que ce gars-là allait me battre. Peu importe la situation, je m’avouais déjà vaincu», raconte-t-il.

«En 2006, donc, j’étais dans l’avion qui transportait Équipe Canada aux Jeux olympiques de Turin. J’y étais sur l’invitation de mon ami Roberto (Luongo). Pendant la nuit, Wayne Gretzky – il était alors le directeur général d’Équipe Canada – est venu me réveiller pour me faire savoir que Roberto lui avait dit que j’avais avec moi quelques pièces en argent de Terry Fox. J’ai répondu oui. Il m’a ensuite demandé si ça me dérangeait de lui en donner une tout de suite.»

«J’ai accepté. Heille, c’était quand même Wayne Gretzky qui venait de me demander ça. Le plus grand hockeyeur de l’histoire. Je me suis donc levé pour ouvrir ma valise qui était au-dessus de ma tête et je lui ai donné une pièce. Il a pris la pièce, il a refermé sa main, il s’est fermé les yeux et il m’a dit qu’il allait en avoir besoin à sa sortie de l’avion. C’était l’époque où son épouse Janet s’était fait prendre à parier sur des équipes. Gretzky s’attendait à ce que les journalistes allaient le planter», mentionne-t-il.

«Nous en avons d’ailleurs jasé pendant une bonne heure. Et pendant que nous discutions, j’ai eu cette révélation. Si Wayne Gretzky a besoin d’une pièce en argent pour faire face à une épreuve comme ça, je suis moi aussi capable de faire face à l’opposition. C’est incroyable la confiance que ce moment avec Wayne Gretzky m’a donné. Aujourd’hui, peu importe dans quelle situation je suis, je me dis que pour me battre une personne devra travailler dur. Si cette personne me bat, ce sera parce qu’elle est meilleure que moi. Pas parce que je me serai incliné avant même de commencer», ajoute-t-il.

Comment ne pas aimer un gars comme Marc Arseneau?

Guy Doiron et Marvel!

Guy Doiron – Gracieuseté

Pendant que Daniel LeGresley sera en train de combattre le SwissPeaks en Suisse, Guy Doiron s’attaquera de son côté au Tor des Géants, une compétition d’ultra-trail se déroulant dans 34 des 74 communes de la Vallée d’Aoste en Italie.

Oui, oui, vous avez bien lu. Le Tor des Géants.

Quand les organisateurs puisent leur inspiration dans Marvel, ça veut dire qu’ils ne savent vraiment plus quoi inventer pour faire peur aux patates de salon.

Pour ceux et celles qui l’ignorent, une patate de salon est une personne qui souffre juste à voir des athlètes devant son téléviseur, alors qu’il est bien vautré dans son Lay-Z-Boy (ou son sofa) en train de grignoter des chips et boire de la liqueur.

Le Tor des Géants, selon Guy Doiron, est aussi bien dire l’équivalent du SwissPeaks, à quelques kilomètres près, tant en distance qu’en dénivelé.

«C’est un gros monstre. C’est 340 km de distance et 24 km de dénivelé. Juste à en parler, j’ai peur», lance-t-il en riant.

«Juste pour te donner une idée, ma plus grosse course jusqu’ici était l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB). Le Tor, c’est comme si je terminais le UTMB et que j’en commençais un autre tout de suite après. Et le plus dur c’est que tu es pas mal toujours à 2500 m ou 3000 m d’altitude», dit-il.

«C’est l’épreuve la plus difficile que je suis prêt à faire. Plus dur que ça, il faudrait aller courir 1000 km en Alaska au risque de perdre des orteils. Et ça, je ne veux pas», confie-t-il en éclatant de rire.

Est-ce que je vous ai déjà dit que les coureurs de ultra-trail sont un brin zinzin? Je le dis en toute affection envers ces aventuriers.

Pour terminer notre conversation, j’ai demandé à Guy pourquoi ça se nommait le Tor des Géants. Tout simplement parce que le parcours passe à côté des quatre géants des Alpes, soit le Mont-Blanc, le Mont Rose, le Grand Paradis et le Cervin.

Les autres compétitions au programme

Au Nouveau-Brunswick, la grosse épreuve du week-end se veut évidemment le Demi-Marathon de Saint-François, dont on célèbre cette année la 44e édition. Ça va avoir lieu dimanche matin.

Outre la course de 21,1 km, les gens peuvent aussi s’inscrire aux épreuves de 8 km, 5 km, 3 km, 1 km, 8 km marche et 3 km marche. Les départs seront donnés à 9h.

Un autre 21,1 km sera toutefois présenté au même moment, soit le Demi-marathon de l’Acadie à Saint-Isidore avec un départ sur le coup de 10h. Samedi, les coureurs sont invités au Foshay River Run de Lower Jemseg. Les gens peuvent s’inscrire pour les instances de 5 km et de 3 km. Les départs seront donnés à 17h. Toujours samedi, les adeptes de triathlon ont rendez-vous au Cross Triathlon de Rockwood Park à Saint-Jean. Les départs des différentes épreuves seront donnés à 9h.

Et pour terminer la journée de samedi, les coureurs pourront se présenter à Moncton afin de participer à la course de relais Rock Run Atlantique. Ça débute à 15h.