Le NPD et les minorités francophones

On ne peut pas dire que le courant passe entre le NPD et les minorités francophones au pays.

Le gouvernement néo-démocrate de la Colombie-Britannique devra expliquer en septembre aux juges de la Cour suprême du Canada pourquoi il refuse de financer adéquatement les écoles de la minorité francophone de cette province.

Sans rentrer dans les détails de cette importante cause juridique, les avocats de la province vont argumenter qu’il est raisonnable d’avoir recours à l’article 1 de la Charte canadienne des droits et des libertés pour limiter la portée de l’article 23 de la même charte qui donne aux minorités francophone et anglophone du Canada des droits à être instruit dans leur langue respective.

La minorité acadienne de la Nouvelle-Écosse a elle aussi subi les attaques du NPD lorsque cette formation politique était au pouvoir dans cette province. Le gouvernement de Darrell Dexter lors de son unique mandat avait éliminé les circonscriptions protégées acadiennes de même que celle de la minorité noire de la région d’Halifax. Les droits historiques de ces deux communautés brimées par la majorité anglophone avaient été reconnus auparavant par les gouvernements libéraux et progressistes conservateurs.

Ce n’est qu’aux termes d’une longue bataille juridique que le gouvernement libéral dirigé par Stephen McNeil devrait accepter la recommandation de la Commission de délimitation des circonscriptions électorales provinciales de rétablir les circonscriptions protégées.

Au niveau fédéral, le NPD, lorsqu’il formait l’opposition officielle sous le leadership de Thomas Mulcair avait entrepris une campagne nationale en faveur de l’abolition du Sénat. Cette démarche allait à l’encontre de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada qui voulait certes une réforme du Sénat mais non son abolition pure et simple. Pour de nombreux experts le Sénat est une institution essentielle pour représenter et défendre les droits des minorités au pays.

Ce sombre bilan du NPD doit être nuancé par le travail remarquable du député néo-démocrate Yvon Godin qui a représenté la circonscription d’Acadie-Bathurst de 1997 à 2015. Celui-ci a mené un long combat, sans succès, pour que les juges appelés à être nommés à la Cour suprême soient bilingues. Tant les gouvernements de Stephen Harper et de Justin Trudeau ont refusé d’appuyer cette initiative.

La SANB et la SNA devraient reconnaître l’important apport de Yvon Godin pour la défense des droits des minorités francophones au pays lorsqu’il était député pendant six mandats.

Le nouveau chef NPD, Jagmeet Singh, a raté une belle occasion de se faire connaître de la communauté acadienne en choisissant de bouder le tintamarre du 15 août à Dieppe dans le cadre du Congrès mondial de 2019. À la recherche de précieux votes pour les élections d’octobre, tant Justin Trudeau que Andrew Scheer ont trouvé important de participer à cet événement populaire. Le N.-B. pourrait décider qui formera le prochain gouvernement.

Après avoir connu une cuisante défaite lors des élections provinciales au Nouveau-Brunswick de 2018, le sort électoral du NPD ne s’annonce guère mieux pour les prochaines élections fédérales.