It Chapter Two: trop long, mais quand même satisfaisant

Les bandes-annonces de It Chapter Two (en salle depuis jeudi) m’avaient fait craindre le pire. J’appréhendais un film qui s’éloigne du classique littéraire de Stephen King ou du plus qu’excellent premier film. Bonne nouvelle: mes craintes ne se sont pas avérées.

Je vous rafraîchis la mémoire: It Chapter Two est la suite de It, un film d’horreur acclamé par la critique lancé en 2017, qui est lui, adapté d’un roman publié en 1986.

On y raconte l’histoire d’une entité maléfique qui sort d’hibernation chaque 27 ans pour se nourrir des habitants de Derry, une petite ville du Maine.

La trame narrative du roman de King étant extrêmement complexe, le scénariste Gary Dauberman (la franchise Annabelle) et la réalisateur Andy Muschietti (Mama) ont totalement déconstruit le livre pour tourner deux films d’une durée totale de cinq heures.

L’acclamé premier chapitre racontait les efforts d’une petite bande d’adolescents impopulaires dans leur combat face à la créature connue sous le nom de Ça.

Le deuxième épisode nous transporte 27 ans plus tard, quand la version adulte des membres du Club des Ratés est forcée de reprendre le combat face à la sanguinaire entité.

Ce second film ne dégage pas la même innocence que le premier. Il est aussi beaucoup plus – et trop – long. Il demeure toutefois une solide entrée dans le genre. Une que ceux qui ont aimé le premier épisode ou qui ont dévoré le roman de Stephen King ne voudront absolument pas manquer.

Fidèle

Ce qui m’a le plus surpris – et réjoui – de It Chapter Two est sa fidélité au livre duquel il est adapté.

Ce roman, je le disais plus tôt, est complexe.

Il raconte le retour à Derry des membres adultes du Club des Ratés. Ceux-ci n’ont presque aucun souvenir du combat qu’ils ont mené (et gagné) face à Ça, 27 années plus tôt.

Mais petit à petit, les détails leur reviennent. Ce sont ces détails qui nous sont racontés dans le livre, sous la forme de retour en arrière (flashbacks). Et ils occupent environ 75% de l’intrigue.

J’avoue que j’ai commencé à devenir nerveux quand j’ai vu que le deuxième film – celui qui raconte le retour des adultes – durait trois heures, alors que le premier – qui porte sur les aventures des adolescents – n’en durait que deux.

Je ne comprenais pas comment le quart du livre de King pouvait se transposer à l’écran dans un film PLUS LONG que les trois quarts qui ont été adaptés dans le premier…

Ce que je craignais le plus, c’est que Dauberman et Muschietti, après avoir été si fidèles au livre dans le premier film, sortent totalement du cadre créé par King pour raconter leur propre histoire.

Mes craintes n’étaient finalement pas fondées. Oui, le scénariste et le cinéaste se sont permis quelques libertés, mais dans l’ensemble, ils sont parvenus à rester très fidèles à l’esprit – génial – du roman.

Comment? En nous présentant d’autres intéressants pans d’histoire qui se sont déroulés 27 ans plus tôt.

On retrouve donc avec grand bonheur les versions adolescentes de Bev, Bill, Richie et les autres. Et on ressent le même sentiment que lorsqu’on revoit de vieux amis et qu’ils nous racontent des trucs à propos d’eux dont on ignorait absolument tout.

Dauberman et Muschietti ont toute mon admiration: ils sont parvenus à raconter la même histoire que Stephen King, d’une façon différente, mais avec tout autant de doigté.

Symbolisme

Si ce deuxième chapitre n’est pas aussi terrifiant que le premier, qu’il s’étire souvent et qu’il est parfois inutilement dégoûtant, il constitue tout de même un excellent film.

Il est divisé en trois grandes parties: l’incompréhension et la négation des personnages principaux, la réalisation et l’acceptation, ainsi que, pour finir, le passage à l’action.

Il est même supérieur à son prédécesseur sur une chose: son symbolisme.

Alors que le premier film était une ode à la sortie de l’enfance, le second porte sur le courage et la nécessité de faire face à ses peurs. Je parie même que vous vous surprendrez à cogiter sur ce sujet à votre sortie du cinéma…

Malheureusement, son apothéose (le combat final entre les Ratés et Ça) n’est pas totalement réussi.

Il faut dire que dans le roman de King, ce combat en est un de volonté. Il est présenté de façon très abstraite et a des airs de grand rituel spirituel au cours duquel les adultes réalisent que pour vaincre Ça, ils doivent cesser d’en avoir peur.

Tout ça est difficilement conceptualisable à l’écran, malgré les efforts plus qu’honnêtes de Muschietti.

Reste que malgré ses défauts, It Chapter Two est une conclusion satisfaisante à une des grandes sagas d’horreur de notre époque.