11 septembre 2001: le revers de la médaille des pompiers

Près de 3000 personnes tuées et plus de 6000 blessés. C’est un bien triste anniversaire que vont fêter nos voisins américains cette semaine. 18 ans après, le souvenir du 11 septembre 2001 est encore intact dans de nombreuses mémoires. Y compris au Canada.

Nous voyons encore les tours jumelles du World Trade Center en flammes. Puis s’effondrer du haut de leur 400 mètres. Ce jour-là, l’Amérique et le monde entier ont admiré des héros armés de leur lance. Les pompiers de «la grosse pomme» qui, au péril de leur vie, ont sauvé celle de nombreux New-Yorkais coincés dans les décombres.

Mais pour ces hommes du feu, le revers de la médaille est terrible. C’est ce que vient de confirmer encore une étude épidémiologique publiée dans la revue médicale «JAMA Network Open».

Menée par des scientifiques du Collège de médecine Albert-Einstein (AECOM), ces travaux ont analysé les données médicales de 9796 pompiers de sexe masculin, majoritairement blancs, non-fumeurs, et âgés en moyenne de 40 ans au moment des faits. Dans ce groupe d’individus très semblables, une qualité commune: la bravoure. Tous sont en effet intervenus sur le lieu de l’attentat terroriste.

Et les résultats sont sans appel. Dans les seize années suivant le drame, 489 accidents cardiovasculaires (infarctus du myocarde, opérations des artères coronaires, décès…) ont été enregistrés parmi ces pompiers.

Plus en détail, les pompiers arrivés sur le site dans la matinée du 11 septembre auraient un risque augmenté de 44 % d’avoir un événement de ce type, comparé aux pompiers arrivés l’après-midi ou les jours suivants l’effondrement des tours.

Ce surrisque s’accroit aussi pour ceux ayant travaillé longtemps sur le site, c’est-à-dire plus de 6 mois.

Cette conséquence serait essentiellement liée à l’effondrement des tours. Leur chute avait libéré dans l’air des quantités importantes de produits chimiques (dioxines, amiante, substances cancérogènes…), remuées pendant des mois par les engins de déblaiement.

Imaginez donc les dégâts sur la santé de ceux qui ont été exposés longuement à ce nuage toxique, à la recherche des corps de disparus…

Heureux sont les gens ne s’étant pas aventurés dans ce quartier de la pointe sud de Manhattan, durant cette période.

Pour rappel, de nombreux travaux démontrent les conséquences sanitaires à long terme du «11/09» sur les secouristes: pathologies respiratoires, syndrome post-traumatique, etc. Pire, en 2018, une étude publiée dans la revue «JAMA Oncology» a même identifié un surrisque potentiel de myélome (cancer) chez les pompiers impliqués dans les opérations de sauvetage.

Dans ce contexte, le président américain, Donald Trump, a ratifié fin juillet une loi repoussant de 2020 à 2090 la date limite à laquelle des demandes pourront être déposées auprès d’un fonds fédéral spécial d’indemnisation.

Le but, freiner l’hécatombe des 200 pompiers mobilisés dans la foulée des attentats qui ont déjà péri des suites de maladies liées à leur intervention (selon les chiffres officiels).

Car en attendant, celle-ci se poursuit. Et vingt-deux de ces pompiers ont eu leur nom gravé cette année sur le mur new-yorkais érigé à leur mémoire. Tâchons également d’avoir une pensée pour eux ce mercredi.