Dominic Cardy le va-t-en-guerre

On ne peut pas dire que Dominic Cardy s’est tourné les pouces durant l’été. Celui-ci a mené de front une bataille contre le lobby antivaccin et une autre contre le gouvernement de la République populaire de Chine concernant le programme Confucius.

Le projet de loi 39 parrainé par le ministre Cardy prévoit l’interdiction de la fréquentation des écoles publiques pour les élèves qui ne fournissent pas une preuve satisfaisante d’immunisation comme l’exige la Loi sur la santé publique.

Dominic Cardy est, comme à son habitude, droit dans ses bottes et ne tolère aucune critique ou protestation. Ses détracteurs ont droit à de sévères réprimandes sur toutes les tribunes publiques et même sur la plateforme Facebook où le ministre Cardy compare ceux-ci à des communistes et des fascistes.

C’est un comportement inacceptable de la part d’un ministre de la Couronne. Que compte faire le premier ministre Higgs pour ramener à l’ordre son corrosif ministre?

Quel sort sera réservé au projet de loi du ministre Cardy par ses collègues députés de l’Assemblée législative? Déjà le chef libéral, Kevin Vickers, a laissé savoir que les députés de son caucus pourront voter librement selon leur conscience.

Que va faire le premier ministre Blaine Higgs? Il serait surprenant qu’il fasse du projet de loi du ministre Cardy un vote de confiance à l’endroit de son gouvernement. Plusieurs députés progressistes-conservateurs pourraient s’abstenir ou encore voter contre le projet de loi. Même des ministres du cabinet pourraient faire de même. Déjà Dominic Cardy a fait savoir publiquement que ses collègues devraient voter en faveur de son projet de loi ou sinon devoir démissionner. Les propos incendiaires du ministre Cardy causent sûrement des remous tant dans le caucus progressiste-conservateur qu’au sein du cabinet.

Comme le projet de loi 39 apporte également des modifications à la Loi sur la santé publique, comment peut-on interpréter le silence du ministre de la Santé, Ted Flemming? Pourtant celui-ci est reconnu pour ne pas avoir la langue dans sa poche.

Dominic Cardy savourait récemment sa demi-victoire lorsqu’il réussit à abolir les cours de mandarin offerts par l’Institut Confucius pour les élèves anglophones de la première à la huitième année. Celui s’est désolé que le programme sera offert aux élèves anglophones du secondaire jusqu’en 2022. Comme l’écrivait mon collègue Roromme Chantal dans sa chronique hebdomadaire dans l’Acadie Nouvelle, «Confucius manquera au Nouveau-Brunswick».

La Chine est la principale puissante émergente du 21e siècle et le mandarin est une langue qui prendra beaucoup d’importance. Malgré ses imperfections, les cours de mandarin offerts dans la province par l’Institut Confucius permettaient à des milliers d’élèves d’apprendre la langue et se familiariser avec la culture chinoise depuis 2016.

Comme Canadien et Néo-Brunswick nous avons la chance de vivre dans une démocratie libérale avec un libre accès à l’information. Les craintes du ministre Cardy de voir nos jeunes endoctrinés par la «propagande» communiste chinoise sont exagérées.

Après un été fort chargé, Dominic Cardy semble avoir besoin de repos!